Archéologie: le dolmen de Sem en Haute Ariège vient de livrer ses secrets
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Le chantier de fouilles du château de Montréal-de-Sos n'a pas fini de révéler tous ses secrets
Après douze ans d’investigations sur le site de Montréal de Sos, Florence Guillot, docteur en Histoire et archéologue, directrice de la maison du patrimoine d’Auzat, dirige depuis une semaine une équipe de bénévoles sur un site connu de tous mais qui n’avait jamais encore fait l’objet d’une fouille archéologique programmée.
Connu sous le vocable «Dolmen de Sem» depuis les années 70, le secteur du «Palet de Samson» domine la vallée du Vicdessos et fait l’objet de plusieurs légendes plus ou moins fantasques (voir encadré). Mais de manière plus rationnelle ce bloc erratique déposé par un ancien glacier depuis le massif granitique de Bassiès est inspecté à la loupe par ces spécialistes qui réalisent depuis lundi quelques sondages permettant de mettre au jour des fortifications et du matériel archéologique.
«Il n’y a pas de donjon avant les XII-XIIIème siècles mais qui dit mur sur un emplacement stratégique dit fortification et le bloc de granit constitue un éperon barré qui protège naturellement la fortification» Reste à préciser son époque de la protohistoire au moyen-âge en passant par l’âge de bronze, l’âge de fer ou le gallo-romain, la fourchette est vaste.
Une fouille modeste par la superficie mais riche d’enseignementsOn est loin des 8000 mètres carrés de Montréal de Sos, l’ensemble du site ne couvre que 850m2 (dont 12m2 effectivement fouillés) de superficie.
Florence avait remarqué une rupture, une anomalie dans le mur taillé dans le bloc erratique et la toponymie des lieux l’a confortée (la parcelle s’appelle Castella).
A présent il faut évaluer les époques d’occupation ou tout simplement de fréquentation du site. Et la proximité de la mine du Rancié étudiée par Claude Dubois spécialiste en archéologie minière ne laisse pas de doute sur les possibles interactions des différents sites:
«Claude a trouvé au-dessus de Lercoul des bas-fourneaux datant du IVème après JC (époque gallo-romaine). Les romains en général se servent des travaux antérieurs (gaulois) qu’ils amplifient. Si la fouille de cette fortification est antérieure à cette époque on pourrait être amené à re-dater la mine»
Pour l’archéologue ce qui est sur c’est que cet oppidum (se dit d’un lieu élevé fortifié) est un lieu de pouvoir, de culte en relation avec la mine.
«A Montréal de Sos nous avons trouvé deux fragments de statues de Vénus. Dans la mythologie c’est la femme de Vulcain, dieu des Enfers mais surtout des forges, du fer, il est fort probable qu’il y ait eu ici au début de notre ère un culte autour du fer»
Une grande tranchée a été ouverte à partir d’un mur en pierre sèche pour faire une évaluation. Caroline, étudiante québécoise réalise quelques photos des couches stratigraphiques: «Il n’y a pas beaucoup de perturbations, pour l’instant on descend les niveaux, il faut aller jusqu’au lapia» (calcaire qui forme le rocher).
La jeune fille vient de terminer sa licence d’histoire. Elle vient compléter sa formation en médiéval avant de se lancer dans un Master en alternance entre le Québec et la France.
Plusieurs types d’éléments ont été trouvés: des tessons du XXème à mettre en relation avec une petite grange en contre bas de la même époque et du matériel de l’âge du fer, beaucoup de tessons, de grands morceaux d’urnes polies de l’âge du fer qui peuvent faire penser à des urnes funéraires.
«Nous sommes persuadés qu’il y a quelque chose à mettre en relation avec la mine du Rancié mais elle a été tellement utilisée, creusée jusqu’au XXème siècle que l’on a peu d’informations. Un céramologue doit venir dater précisément les céramiques que l’on a mises au jour ici. Elles sont essentiellement protohistoriques. Si l’on arrive à trouver des choses intéressantes d’ici la fin de la semaine nous reprendrons les fouilles sur ce site»
Des fouilles financées par la mairie de Sem, le Conseil général, la Communauté de Communes d’Auzat, avec l’aide logistique de la mairie d’Auzat.
Parmi la vingtaine de fouilleurs des étudiants, des archéologues en vacances et des gens du cru (originaires des vallées avoisinantes) que l’on retrouve d’une année sur l’autre sur les fouilles archéologiques de la haute vallée du Vicdessos: abris pastoraux de Soulcem, château de Montréal de Sos et à présent oppidum de Sem.
Parmi eux André originaire d’Auzat. Ce retraité passionné d’histoire a réalisé des recherches aux archives départementales en relation avec ce territoire qui lui est cher.
Pierrick habite la vallée de Saurat. C’est accompagné du petit Erwann, 8 ans et demi qu’il participe à l’aventure. «C’est une passion qu’on partage en famille» Il est vrai que dans la vie il travaille au service régional d’Archéologie et fait régulièrement des prospections pour l’Inrap. «Si nous revenons tous les ans c’est que l’ambiance n’est pas si mauvaise!»
A la fin de ces fouilles archéologiques Florence Guillot proposera dimanche 29 juin de dresser le premier bilan des découvertes réalisées sur ce chantier en animant une visite guidée sur le site.
Six visites au total seront proposées. Elles auront lieu à 9h30, 10h30, 11h30, 14h, 15h et 16h. Le rendez-vous est fixé sur site. Ces visites commentées sont gratuites.
Renseignements à la maison des Patrimoines: 05.61.02.75.98
| Légende du dolmen de Sem Une légende raconte que Samson jouait à envoyer des blocs de versant à versant avec un camarade. II aurait oublié de ramasser un de ces blocs, laissant derrière lui en vestige ce gigantesque jeu de palet. Dans les années 70, en pleine période du stone âge, cet endroit a connu une recrudescence de fréquentation mais heureusement pour les archéologues personne n’a perturbé la stratigraphie des lieux... |
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