Le torchon brûle entre l'UNSA et l'Inspecteur d'Académie

© midinews 2015
La rentrée n’est pas si loin et déjà le syndicat de l’enseignement tire la sonnette d’alarme sur les problèmes de gouvernance que rencontre l’inspection académique de l’Ariège et son manque de stratégie.
Carte des formations dans les lycées techniques et professionnels, encadrement des enfants en situation de handicap, déficit de personnel enseignant dans le premier degré… malgré les promesses et les engagements, rien n’a bougé.
Le syndicat tire la sonnette d’alarme sur la carte des formations
Le problème ne date pas d’aujourd’hui, l’an passé Antoine Loguillard secrétaire départemental de l’UNSA avait déjà attiré notre attention sur la situation des filières technologiques et professionnelles: «L’Ariège est sous-équipée en termes d’offre de formation, il est nécessaire de développer les BTS.
Alors que par ailleurs certaines places sont vacantes dans les établissements: on enregistre 64 places vacantes que l’on finance alors qu’il n’y a pas les élèves… il n’y a pas d’adéquation entre l’offre et la demande sociale.»
Il est vrai que certaines formations ont du mal à démarrer à cause du manque de débouchés sur le territoire à l’issue d’un BTS.
Paradoxalement en Ariège le taux de couverture en BTS est deux fois plus faible que le niveau académique. «Dans la région, 29 ouvertures de formation ont été annoncées, aucune en Ariège» souligne le syndicaliste un peu dépité, car il a l’impression de se laisser mener en bateau par l’inspection académique et d’avoir perdu deux ans sur le schéma triennal 2015-2017.
En mai 2014 au cours d’un comité technique académique, les instances étaient parvenues à un consensus autour d’un document de travail qui identifiait clairement les carences de l’enseignement professionnel et proposait la création de 13 nouveaux BTS. Un seul a été retenu par le rectorat (la demande concerne Saverdun).
«Nous avons demandé à l’inspection académique une nouvelle réunion en y associant les élus régionaux, les responsables économiques des chambres consulaires, les chefs d’établissements, les conseillers techniques du rectorat… toutes les synergies permettant d’avancer sur ce dossier.
En 2015 comme en 2016, rien n’a bougé. Reste 2017 et les perspectives de la future grande région. Nous allons profiter des prochaines élections régionales pour interpeler les candidats.»
L’accompagnement des enfants en situation de handicap dans l’impasse
Second sujet de fâcherie et non des moindres, les unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS).
Un dispositif conçu pour dix élèves qui en accueille 14 au collège Bayle de Pamiers, 14 au collège Pasteur de Lavelanet et 18 à Saverdun… un vrai problème de sureffectif et donc d’encadrement soulevé par Antoine Loguillard: «il n’y a pas de moyens d’accompagnement mis en place par l’inspection académique alors que l’inspecteur avait pris des engagements (notamment le recrutement d’un AVS supplémentaire) en comité technique le 4 septembre.»
Le syndicaliste reproche à Jacques Briant de ne pas avoir tenu ses engagements: «Cela interroge sur la représentation que l’on a du handicap» poursuit Antoine Loguillard dénonçant aussi l’embauche de personnel administratif en lieu et place d’assistants qualifiés auprès de ces élèves fragiles.
«Encore une fois ce n’est pas un problème de moyens, mais de répartition et de gouvernance.»
Postes vacants dans le premier degré: tomber de Charybde en Scylla
Enfin troisième préoccupation de l’UNSA, des postes (7 exactement) non pourvus dans le premier degré par manque de personnel.
Une fois de plus le secrétaire départemental regrette qu’il s’agisse de postes dans les établissements spécialisés tels que l’EREA, les SEGPA, l’IME-ITEP, des structures ayant vocation d’accueillir des enfants en difficulté.
La première solution retenue par l’inspection académique a été d’affecter à ces établissements des remplaçants à l’année; la seconde de ne pas les affecter du tout.
«Une fois de plus, les gamins en difficulté sont pénalisés et autre conséquence, en ponctionnant des titulaires remplaçants, leur potentiel diminue. Je rappelle que l’an passé nous avons enregistré 800 jours de classe non remplacés. Je crains qu’il y en ait beaucoup plus cette année… je le redis c’est un problème de gouvernance et non de moyens.»
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