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La rénovation de cabanes de montagne avec héliportage, toujours spectaculaire comme à Bordes sur Lez
26/07/2013 | 18:33
© MidiNews 2013
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Il prend des notes et dresse sa petite liste: «une mini-pelle, un algeco, cuve de 1000 litres d’eau, sacs de sables et graviers, compresseur, groupe électrogène, bidons de gaz oil, bétonnière etc…».  Une drôle de liste de course, mais il s’agit de ne rien oublier car à près de 1700 mètres d’altitudes tout oubli serait préjudiciable et aurait forcément un coût supplémentaire. Avec Didier Sarraute, du cabinet d’architecte Henri Anel, qui s’est fait une spécialité dans la rénovation des cabanes de montagne, Paul Rogalle de l’entreprise du bâtiment RDM, prépare attentivement ses futurs chantiers.

Sur 800 cabanes et abris répertoriés en Ariège, 250 sont concernés par des travaux de rénovation lourds. Indispensables à la vie montagnarde, ces éléments du patrimoine ne sont pas seulement des refuges de randonneurs, mais des cabanes et abris déterminants pour les meneurs de troupeaux au moment de l’estive. Aussi la Fédération Pastorale de l’Ariège, coordonne une opération de rénovation aux multiples contraintes: critères environnementaux, de captage d’eau ainsi que d’habitabilité, période d’intervention plutôt courte mais surtout, la haute montagne (avec des altitudes flirtant régulièrement au-dessus de 1500m) occasionne des aspects à ne pas négliger comme le transport des hommes et matériels ainsi que le couchage sur place tout en respectant les dispositifs du droit du travail.

L’héliportage, une solution extrême pour une intervention qui ne l’est pas moins
«Nous partons pour un survol de reconnaissance et de préparation de deux chantiers à venir» présente Paul Rogalle. Deux cabanes situées aux environ de Bordes sur Lez, dont celle du Col de Part où le chantier démarre, à quelque 1.800 mètres d’altitude.

Bien que ces cabanes soit accessibles à pied, en mule, voire en voiture, grâce à la piste, il faut compter tout de même trois bons quarts d’heure et près de trois heures à pied, pour la moins éloignée. «Avec l’hélico on peut réaliser 11 rotations dans l’heure si on choppe le vent et si tout est bien organisé», explique Guy Maury Mécano-Navigant de la Société Héli Béarn.

Alors, rendez-vous en Vallée d’Orle, sur le parking de la pucelle, où les préparatifs battent leur plein. «Pour nous c’est une expérience extrêmement valorisante, s’enthousiasme Paul Rogalle. On a fait appel à la société Héli Béarn pour une prestation d’héliportage, car c’est ce qui nous paraissait le plus pertinent à ces altitudes. Mais ça réclame une organisation au cordeau, millimétrée. Tout doit être savamment dosé car on n’a pas le droit à l’erreur du point de vue du matériel mais surtout aussi humain». Tandis que Sylvain Barro, le pilote effectue méthodiquement et précisément les premières rotations héliportant des sacs de graviers de 750 kg, Guy Maury détaille l’opération «nous sommes confrontés au problème des capacités de la machine. Il faut savoir qu’un hélicoptère, plus il fait chaud et plus on est en altitude, moins il va lever, ici nous sommes à 900m on achemine jusqu’à 1700m on va être limité à 800 kg à peu près»

Une osmose indispensable gage de la réussite de l’opération
«Il nous faut avoir des charges bien calibrées, bien préparées avant, pas que le pilote soit contraint de lâcher des charges en l’air quand elles sont trop lourdes», conclut Guy Maury rappelant les «difficultés du métier, pour le pilote en particulier qui doit faire voler un hélicoptère et une charge»

«C’est un vrai travail d’équipe entre nous et l’équipe d’héliportage, qui nécessite une réelle osmose, certifie Paul Rogalle. A nous de préparer correctement tous les équipements, les sacs, d’autant que les gars vont monter le lundi et redescendre le jeudi soir car pour ce qui concerne la cabane du Part, comme il n’y pas de pistes ils restent sur place. Nos gars sont de vrais athlètes car en altitude la dépense d’énergie est plus intense. C’est un challenge très valorisant, il y a un savoir-faire, une préparation de chantier qui est indispensable. Il faut penser à tout, y compris aux toilettes sèches à installer en haut. C’est un travail de fond on gommera progressivement les imperfections éventuelles»

D’autant que si les travaux sont commandités par la commune de Bordes sur Lez avec de nombreux financements croisés, les contraintes environnementales, architecturales, et de sécurité (antisismiques et anti-avalanches) posées par ces différents partenaires, sont extrêmement prégnantes.

En haut aussi, le temps des travaux, pour une durée de chantier prévue d’un mois, le temps sera compté, pour réaliser un travail de qualité malgré les conditions extrêmes tout en respectant l’enveloppe financière.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 26/07/2013 | 18:33 | Lu: 15037 fois