«La situation dans le Couserans est insupportable … Les éleveurs sont écœurés et découragés… C’est une atteinte grave à la vie de nos vallées … L’état ne respecte pas une profession noble … La montagne doit se partager nous ne voulons pas d’un sanctuaire pour les ours nous sommes une terre d’accueil pour les gens qui travaillent, les touristes… Nous n’avons jamais voulu des ours … Ce n’est plus un combat contre l’ours mais un combat pour l’homme … On demande de vivre en paix … C’est une décision imposée par l’état, sans concertation … Depuis Paris on n’a pas conscience des ravages sur le terrain dans nos vallées… Nous voulons des mesures précises et concrètes»
Les oreilles ont dû chauffer très fort jusqu’au plus haut sommet de l’état ce vendredi matin.
A tour de rôle Augustin Bonrepaux, Frédérique Massat, Alain Fauré, Christine Téqui, Claude Carrière (président de la Fédération pastorale) ont clairement et fermement exprimé leur position vis-à-vis de l’ours. Robert Zonch en tête et probablement le plus remonté face à une situation alarmiste. Et un message clair «on ne veut pas d’ours ici, que ceux qui en veulent les accueillent». A défaut de porter les armes comme le demande Robert Zonch, pour les employés municipaux, les responsables de l’entretien des forêts, les professionnels... c’est Christine Téqui qui résume le mieux les attentes des élus, au nom de leurs éleveurs, «il faut trouver des solutions préventives ou curatives». Robert Zonch employant le terme d’éradication à défaut de déplacement et parlant de «battues mais pas seulement d’effarouchement»
On est en passe de battre des records de prédation
De fait, malgré des montées plus tardives des troupeaux aux estives compte tenu des conditions climatiques, donc sur une période plus courte de prédation, plus d’une trentaine d’attaques d’ours ont déjà été recensées à ce jour. 80 brebis ont été retrouvées mortes sur les quinze premiers jours de juillet, sur les mêmes estives que les années précédentes alors que la pleine activité de prédation n’a pas encore débuté. De même sur les différents lieux d’estives traditionnels, sur les cantons d’Oust et de Castillon, 33 ovins dont la mort est imputée à l’ours, ont été dénombrés.
Pour l’heure, les chiffres sont comparables à l’an passé, ce qui inquiète c’est que c’est sur une période beaucoup plus courte, faisant dire au président de la fédération pastorale «qu’on est parti pour battre des records». Car, avec ce froid et cette neige tardifs, les ours aussi ont hiberné plus longtemps et se seraient réveillés encore plus affamés. «Il y a déjà des pastoraux qui quittent les lieux d’estives. C’est dramatique», selon Claude Carrière. Pour deux raisons principalement. D’abord car la crainte est clairement exprimée que les ours suivent les troupeaux, donc jusqu’aux abords des villages. Ensuite parceque cela va diminuer d’autant le stock de fourrage destiné à la nourriture des bêtes en période hivernale, pénalisant davantage une profession dont la survie est menacée.
Tandis que le nombre d’ours, estimés à vingt spécimens, reste un mystère, chacun de s’interroger sur le rôle des équipes de suivi «davantage préoccupées à assurer la protection des ours que celle des troupeaux, donc de la vie dans les vallées» Et, ce ne sont pas les indemnités distribuées aux éleveurs «qui perdent comme un membre de leur famille à chaque prédation» qui vont changer le cours des choses. En filigrane c’est le dépérissement paysager puis humain des vallées qui est décrié «nous voulons une montagne vivante» ainsi que l’anéantissement des efforts et investissements consacrés aux zones de montagne depuis des décennies pour y parvenir.
Tandis que l’ASPAP, Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées appelle à une battue d’effarouchement lancée à Saint-Lary à 7h depuis la place de la mairie ce samedi (battue à laquelle on devrait retrouver Augustin Bonrepaux en première ligne), Robert Zonch estime venu le «temps de la révolte»
«Il va falloir cesser d’être angélique», dira à son tour Alain Fauré, tandis que pour Augustin Bonrepaux «il n’y a pas de solutions. Je ne vais pas attendre davantage»
«J’ai rencontré Stéphane le Foll à ce sujet, atteste Frédérique Massat. Il m’a assuré que dès la semaine prochaine deux de ses délégués ministériels viendront en Ariège pour une réunion de travail qui devra apporter des solutions concrètes localement». La députée qui dit se battre pour la bio-diversité reconnait «que la situation est devenue catastrophique ; gérer un tel prédateur est devenu impossible. Nous avons maintenant l’écoute du gouvernement, c’est une évolution considérable en soi et on appuiera de tout notre poids. Maintenant on n’est pas au gouvernement, on ne peut présager des mesures qui seront prises»
Ce qui apparaît palpable dans le discours des différents élus présents, c’est que la tension est montée d’un cran et est «humainement difficile». Les éleveurs, les élus locaux, vont attendre un signal fort, en rapport avec l’urgence de la situation et un sentiment généralisé de ras-le-bol teinté de désespérance. Mais pas longtemps…
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