Entre 40 et 50 000 propriétaires se partagent quelques 180 000 hectares de forêts sur le département de l’Ariège. Une ressource en renouvellement perpétuel qui mérite une valorisation particulière au risque d’une colonisation très progressive que l’on constate depuis les années 1990.
En effet, la forêt ariégeoise croît inexorablement, environ 2000 hectares chaque année. «C’est une préoccupation assez importante car on atteint le seuil de taux d’acceptabilité. Certaines populations en Ariège ont le sentiment d’une fermeture du milieu et se sentent presque étouffées par cette forêt» réagit Gilles Tierle, animateur de l’association Prosilva dans le sud-ouest.
Pour une sylviculture irrégulière, continue et proche de la nature
Il s’agit d’une association nationale de gestionnaires forestiers qui existe depuis plus de 30 ans. Elle prône une sylviculture irrégulière, continue et proche de la nature.
«Le fait qu’il y ait de moins en moins d’argent public pour soutenir la filière oblige d’une certaine façon les forestiers à réfléchir à ce qu’ils peuvent faire de leur forêt» commente Gilles Tierle.
Dans la démarche qu’il développe, l’homme explique que l’objectif est bien de tirer le meilleur profit économique de sa forêt en dépensant le moins d’argent possible. «Contrairement à ce qui était la tendance lourde ces dernières années qui disait de mettre beaucoup d’argent dans votre forêt pour en retirer un bénéfice plus tard»
Et Gilles Tierle sait très justement de quoi il parle puisqu’il est retraité de la fonction publique en charge de la politique forestière de l’Etat sur le département. «J’ai le privilège d’avoir du recul sur les effets de cette politique qui a été menée. En 30 ans, on a le temps de voir évoluer les paysages»
Pour autant, sa démarche comme celle de ses partenaires sur leurs 55 hectares de forêts à Loubens est plutôt bien acceptée dans le département. Celle-ci se décompose entre plantation artificielle de résineux douglas et plantations existantes.
«L’idée est de dire: on va tirer le meilleur parti de ce qui existe, des processus naturels en œuvre y compris ceux créés il y a 40 ans, de façon à faire que la forêt produise le mieux possible sur le plan économique et sur le plan de nos choix esthétiques»
Ainsi l’usage de coupe rase reste très raisonné. «On voudrait profiter aussi de toutes les essences locales qui sont un peu méprisées»
Pour l’instant, un courant de pensée encore marginal
Si cette façon de concevoir la forêt reste encore minoritaire en Ariège, Gilles Tierle a bon espoir que les forestiers fassent évoluer leur façon de penser. «L’incitation à toujours plus d’investissement est ralentie par la baisse des aides financières de l’Etat. Donc il faut imaginer d’autres solutions et parmi celles-ci notre réflexion qui date de plusieurs années commence à être écoutée»
Une méthode qui demandera alors un peu plus de pointillisme. «Valoriser au maximum l’existant en étant observateur de là où se trouve la qualité individuelle des arbres»
Processus qui demande certes du temps mais qui permet apparemment de ne pas perdre d’énergie inutilement. «Faire en sorte que ce soit l’acte de récolte qui en même temps fasse l’acte d’amélioration du patrimoine qu’on laisse et qui produira encore de meilleurs intérêts. Il faut trouver un compromis entre les exigences techniques d’une récolte économiquement viable avec les exigences de l’écosystème et de son automation»
Dans cette réflexion, l’association nationale s’appuie sur les recherches et commentaires d’Adolphe Gurnaud, scientifique du 19e siècle: «une forêt est un capital qui produit de lui-même l’intérêt qu’il rapporte. Toute la question est de déterminer cet accroissement et les conditions dans lesquelles il sera avantageux, de façon à ce que l’on puisse le prélever par exploitation sans nuire au capital et sans compromettre la reconstitution de l’intérêt, c’est à dire son nouvel accroissement dans l’avenir»
www.prosilva.fr
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