L'appel aux artisans pour la restauration de cabanes
1.000 entreprises contactées par courrier à l’échelle de toute l’Ariège.
Artisanales pour l’essentiel dans tous les domaines de la construction et de la restauration: gros œuvre, charpente, couverture, menuiserie, électricité (y compris photovoltaïque), plomberie et chauffage, sanitaire, peinture, captage et assainissement.
Un vaste appel d’offre relancé en ce début d’année, car le temps presse. Il passe surtout!
Le territoire ariégeois est en effet concerné par un programme pluri annuel de restauration, de création et d’extension des cabanes et abris pastoraux.
Un programme qui s’inscrit dans le cadre du Plan de Soutien à l’Economie Montagnarde, financé par l’Etat et l’Europe, largement soutenu par le Conseil général de l’Ariège.
Débuté en 2007, celui-ci prendra fin en 2013, même si les projets engagés d’ici là pourront bénéficier d’une prorogation jusque fin 2015.
800 éleveurs transhument chaque année, soit 55.000 ovins, 15.000 bovins et près de 2.000 équins, qui sillonnent sur les quelques 130.000 ha d’estive collective d’altitude dont 90 000 ha gérés par des Groupements pastoraux et des Associations Foncières Pastorales.
Un poids économique significatif auquel il faut rajouter les 80 postes de gardiennage permanent (bergers/vachers) dont 61 salariés et 19 prestataires de services.
Avec comme corollaire, l’aménagement ou la création d’équipements nécessaires pour assurer des conditions de travail et de vie correctes.
Parmi celles-ci, les cabanes et abris, éléments déterminants du bon fonctionnement d’une estive dont la durée est généralement de 4 à 5 mois, sont l’un des fondements du pastoralisme ariégeois qu’il faut faciliter et favoriser, en offrant les conditions d’une transhumance de qualité.
Ce sont ces enjeux qui ont été rappelés lors des deux réunions d’informations qui se sont déroulées auprès de ces mêmes artisans, successivement à Foix et à Saint-Girons.
En association avec la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, la CNATP, la CAPEB et la FBTP dont les représentants entouraient Thierry Marfaing et Léa Kwiatkowski, chargés de mission au sein de la Fédération Pastorale de l’Ariège, coordinateurs de l’opération.
Potentiellement, ce sont près de 800 cabanes et abris répertoriés sur l’Ariège, dont 250 en particulier qui sont concernés.
A l’échelle de l’Ariège et du Couserans, une trentaine de projets sont prêts à démarrer, 15 projets de cabanes et 10 projets d’abris pastoraux (dans le Couserans mais également le reste de l’Ariège).
Seulement voilà, ces démarches de restauration et d’extension sont plutôt lourdes et complexes.
Multiples financeurs signifient un dossier de financement soumis aux aléas des avis de chaque organe consultatif (l’ABF, architecte des Bâtiments de France, est également sollicité) pour une procédure compliquée et soumise à la loi Montagne, au code de l’environnement, de l’urbanisme, et même du travail.
D’autant qu’il n’existe pas de «parcours administratif» type et encore moins de référent architectural et paysager.
Ces éléments du patrimoine rural présentent en effet la caractéristique d’être très hétéroclites d’un territoire à l’autre et même au sein de chaque territoire, y compris en Couserans.
Cette complexité a généré quelques ratés au démarrage de ce plan et des délais estimés entre 12 à 24 mois depuis l’émergence du projet jusqu’à sa réalisation.
C’est pourquoi la fédération pastorale, entourée de ces partenaires, anime ce type de réunion, afin de présenter les projets et les procédures qui les accompagnent et d’identifier les artisans à même de répondre aux cahiers des charges des travaux et sous quelles conditions.
Car certains critères environnementaux, de captage d’eau ainsi que d’habitabilité sont incontournables (séparation des pièces à vivre et des pièces à coucher, localisation de certains sites en zone Natura 2000, ou bien encore privilégier l’ardoise ou la tuile au détriment du bac acier).
Avec pour objectif une certaine homogénéisation des constructions sur la chaine ariégeoise et en tous les cas entre les fonds de vallées et la haute-montagne.
Un cahier des charges qui dicte les conditions d’intervention des entreprises artisanales mais qu’il convient aussi de faire accepter par le commanditaire des travaux au fur et à mesure de l’évolution de son projet initial.
Un questionnaire présentant les principaux projets et leurs lieux est dans le même temps distribué aux entreprises artisanales présentes, qui doivent renseigner notamment sur quels ouvrages elles pourraient intervenir, seules ou sous la forme d’un groupement.
Car, ces travaux ne sont pas anodins. Non seulement la période peut-être courte (de juin à octobre, maximum novembre) mais surtout, la haute montagne (avec des altitudes flirtant régulièrement au dessus de 1.500m) occasionne des aspects à ne pas négliger comme le transport des hommes et matériels (l’héliportage doit être parfois envisagé ou même le muletage) ainsi que le couchage sur place.
Un jeu qui en vaut la chandelle, car globalement, ces projets d’extension et de restauration peuvent bénéficier jusqu’à 75 à 80% de subvention, compte-tenu d’un auto-financement de 20 à 25% par la collectivité ou le Groupement Pastoral propriétaire (pour tout montant supérieur à 200.000€HT un bilan carbone est même à réaliser).
Pour autant les budgets ne sont pas extensibles et bien entendu faire jouer la concurrence est aussi une façon de rester dans les clous, à plus forte raison si les coûts de transport obèrent la part dévolue au chantier lui-même.
Mobiliser dès à présent les entreprises du bâtiment susceptibles d’intervenir sur les chantiers d’estives ariégeoises situés en zone de haute montagne pour assurer au mieux un entretien des milieux naturels d’altitude et une qualité environnementale et paysagère des estives de haute montagne reste l’enjeu principal… car désormais il faut rattraper le temps perdu.
Pour plus d’informations (propriétaires et entreprises artisanales) contactez Léa Kwiatkowski, chargée de mission sur cette problématique au sein de la Fédération Pastorale de l’Ariège au: 05 61 02 09 66.
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