Ours: stabilisation des indemnisations malgré une année de naissance record

Cette année 2015 est l’année de tous les records en matière de naissance d’oursons dans les Pyrénées comme le signale l’association ADET-Pays de l’Ours. On recense environ une trentaine d’individus dans la chaîne.
Ces naissances vont donc renforcer la présence du plantigrade dans les Pyrénées et surtout en Ariège, le noyau des Pyrénées centrales le plus représentatif en matière de reproduction.
Augmentation du nombre d’ours et baisse des dégâts
Ce mercredi 16 décembre, la préfète de l’Ariège a présidé la commission d’indemnisation des dommages d’ours (CIDO) où 128 dossiers ont été examinés donnant lieu à indemnisation concernant 197 ovins, 2 bovins, 1 cheval et 5 ruches. Le bilan de la saison précédente (2014) faisait état de 153 dossiers pour 207 ovins, 4 chevaux (pas de bovin ni de ruche).
Et le nombre d’animaux indemnisés avait été de 280 en 2013, 260 en 2012 et 180 en 2011.
Cette année, après une période relativement calme début juillet, peut-être dues aux fortes chaleurs et à un temps clair, facilitant la surveillance des troupeaux, les prédations ont été nombreuses sur l’ensemble des zones à ours fin août et tout le mois de septembre.
On note que malgré l’augmentation du nombre d’ours, les dégâts évoluent à la baisse, un paradoxe que souligne Ferus, l’association nationale de protection et de conservation de l’ours: «il y a les dégâts imputables à l’ours et ceux qui aux bénéfices du doute, sont aussi indemnisés, commente Sabine Matraire, vice-présidente de l’association Ferus.
La population des plantigrades croit dans les Pyrénées centrales et toutes les études disent qu’il faut continuer dans ce sens. On enregistre six nouveaux oursons alors que dans les Pyrénées occidentales il n’y a plus de femelles depuis 2004 et l’on va vers l’extinction de la population.
C’est pour cette raison que nous demandons un renforcement de lâcher de femelles. La dernière étude du ministère de l’Écologie date de 2013 et elle stipulait le lâcher de deux femelles pleines, car nous sommes loin d’avoir un état de conservation en sureffectif».
Pour cette militante, la baisse est principalement due «à la progression des moyens de protection dans les estives. L’ours est un opportuniste et devant la présence des bergers ou des chiens de protection, la mise en place de regroupements nocturnes ou la création de parcs de contention, il ira tout simplement chercher ailleurs».
Un constat qui selon l’association de défense de l’environnement démontre que la conciliation entre la pratique de l’élevage et la protection de l’ours est possible.
Une procédure mieux adaptée et un climat apaisé
Un protocole d’expertise, établi début 2014 et appliqué pour la deuxième saison en 2015, a permis de faciliter l’instruction des dossiers de constats avec un soin particulier apporté à la clarté et à la traçabilité de la procédure.
Les éleveurs ne sont plus seuls face aux dégâts, tous les partenaires sont présents sur les estives (ASPAP, ONCFS…) et travaillent pour l’intérêt commun, au-delà des polémiques, en tout cas loin des crispations d’antan.
Sur certaines estives particulièrement touchées, les éleveurs et pâtres ont fait appel aux bergers d’appui mis à leur disposition, essentiellement pour les tâches de garde et de regroupements de bêtes dispersées lors de prédations.
Ces bergers sont au nombre de quatre pour l’ensemble de la chaîne pyrénéenne. Les éleveurs de l’Ariège y font régulièrement appel, compte tenu de la pression de prédation supérieure à celle des autres départements, le Couserans concentrant la grande majorité des ours du massif.
Les autres mesures d’accompagnement concernent les aides à l’achat et l’entretien des chiens de protection, à l’achat de clôtures de protection, au financement de gardiennage renforcé.
La préfète de l’Ariège a rappelé au terme de cette réunion que l’État continuait à soutenir les éleveurs qui doivent mettre en place les mesures les mieux adaptées pour chaque estive.
Du côté des protecteurs de l’environnement ces résultats et l’état d’esprit global qui règne face au dossier ours témoigne de l’acceptation du plantigrade par les Pyrénéens.
«On est sur une appropriation de l’ours dans les Pyrénées, c’est le sentiment général qui remonte du terrain où l’on n’entend plus parler du critère d’origine slovène, mais bel et bien de l’ours des Pyrénées. On a beaucoup progressé et on a encore une belle marge de manœuvre».
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