Gestion de la forêt: le «ouf» de soulagement des communes forestières ariégeoises

Vue d'un hameau dans la forêt domaniale de Bélesta
© midinews (archives)

C’est un véritable ouf de soulagement que les maires des 130 communes forestières de l’Ariège poussent aujourd’hui, à l’instar de leurs 11.000 collègues français ayant confié la gestion de leurs forêts à l’Office national des forêts.

Jeudi, le ministre de l’Agriculture a en effet annoncé renoncer à son projet d’augmenter la contribution communale au fonctionnement de l’ONF. Cette contribution qui est en quelque sorte une redevance dont s’acquitte chaque commune forestière pour assurer le financement de l’office chargé de la gestion du domaine forestier public.

Pierre Soula, président du Syndicat des communes forestières de l’Ariège, avoue sa satisfaction à cette nouvelle… même s’il en attend la confirmation officielle.

«La volonté de l’Etat de modifier l’accord passé au niveau national est arrivé eu cœur de l’été, dit l’ancien maire de Rimont. Elle remettait tout l’équilibre en question. Actuellement, les communes paient 2 € de l’hectare, et le projet de loi de finances 2015 envisageait de la porter à 14 € ! C’était inacceptable et surtout totalement insupportable pour les forêts non productives du Sud-Ouest telles que les nôtres»

A l’échelle de l’Ariège, et de ses 31.000 hectares de forêts communales la facture globale aurait fait un bond de 62.000 à 434.000 € ! Au niveau national, l’augmentation était estimée à 50 millions d’euros.

«Certaines communes auraient pu faire le choix de verser ces sommes ou alors auraient opté pour d’autres prestataires de maîtrise d’œuvre pour l’entretien des forêts, en confiant ces missions à des bureaux d’étude par exemple. On peut comparer cela à une ouverture à la concurrence d’un service public», explique Pierre Soula.

Pierre Soula : «L’équilibre est fragile»
Pour la France, 11.000 communes disposant d'une forêt publique en ont confié la gestion à l'ONF. Les élus ont ainsi l'assurance que leur forêt est correctement tenue, dans l'esprit d'une gestion durable et équitable sur l’ensemble du territoire. «L’ONF programme les coupes de bois, gère les voies d’accès, assure la police et la surveillance… C’est bien tout le régime forestier qui aurait été déséquilibré»,  insiste le président départemental.

Réélu il y a quelques jours à peine à la tête du syndicat ariégeois, Pierre Soula se montre néanmoins prudent. L’annonce de Stéphane Le Foll était assortie de la «promesse» de mettre un terme au contrat Communes / ONF / Etat dès l’an prochain, avec une année d’avance sur le calendrier initial. Une proposition acceptée par la fédération nationale.

«Je pense que nos représentants avaient de bonnes raisons pour cela, semble vouloir se rassurer Pierre Soula. J’appelle juste à la vigilance car cela veut dire que des négociations vont sans doute vite s’ouvrir et que la situation ne restera pas en l’état. L’équilibre est fragile»

D’autant plus fragile que les 50 millions d’euros escomptés par l’Etat manqueront sans doute quelque part, du côté de l’ONF notamment. Avec quelles conséquences sur le service ?

19/09/2014 - 18:30 | Lu: 45627 fois