Inhabituelle agitation ce jeudi dans les locaux de la Fédération socialiste du PS ariègeois... pour cet entre-deux-tours de la Primaire si particulier, deux conférences de presse ont été organisées, à la chaîne.
La première, pro-Hollande. La seconde, pro-Aubry.
Reste plus qu’à changer les affiches entre deux. A coller ou décrocher un François Hollande tout sourire, de profil: «Confirmez le succès du 9»; ou une Martine Aubry de face, à l’air déterminé: «La volonté du changement»
Deux visages placardés au mur, qui n’empêchent pas les comités de soutien de se croiser dans les couloirs, dans une ambiance il faut le dire, plutôt bon enfant.
Le seul dont le portrait ne bouge pas de place dans la salle de réunion socialiste à Ferrières, c’est François Mitterand. En noir et blanc, du haut de son estrade, il observe le match.
Car quand il s’agit d’argumenter, il y a toujours autant de verve et d’inspiration des deux côtés. Le camp «hollandais» étant désormais renforcé par les troupes de Ségolène Royal (Kamel Chibli en Ariège).
Il faut savoir qu’au premier tour, l’Ariège a été nettement «hollandaise»
46% pour François Hollande, quand Martine Aubry obtient 24% des voix, talonnée voir dépassée dans certains bureaux de vote par Arnaud Montebourg.
Explications? «Hollande connaît bien le milieu rural. Il est déjà venu plusieurs fois» déchiffre Jean-Christophe Bonrepaux (pour Hollande), «les Ariégeois se sont identifiés à lui, dans sa simplicité. Il pourrait presque être ariègeois !»
Du côté d’Alain Lacoste (du comité de soutien à Martine Aubry), «ces résultats ne sont pas surprenants. L’essentiel de l’appareil du Parti était pour Hollande en Ariège, sauf la députée Frédérique Massat et Augustin Bonrepaux, le président du Conseil général»
«L’élection de Jean-Pierre Bel (pro-Hollande) au Sénat a aussi joué» ajoute une militante. Sans oublier la visite de Martine Aubry en Ariège, annulée au dernier moment pour cause de voyage en Allemagne.
Mais il n’y a pas non plus de quoi décourager son comité de soutien, qui organise d’ailleurs un débat citoyen ce vendredi*.
Quand côté Hollande, on parle de «vote utile» (créer une dynamique forte autour du candidat désigné par la Primaire), les pro-Aubry comptent sur un report des voix des électeurs qui ont voté Arnaud Montebourg, mais aussi sur un électorat plus étendu qui pourrait se décider à venir voter à ce second tour.
La défaite? Du côté des «hollandais», même si on reste prudent, on a clairement du mal à l’envisager.
Le but affiché est plutôt de faire un score qui se démarque vraiment, «nous souhaiterions qu’il y ait une vraie dynamique qui se crée grâce à un résultat net» précise Jean-Christophe Bonrepaux.
Au contraire côté Aubry, on a le raisonnement inverse: «plus ce sera serré, plus les militants auront à cœur de rassembler» explique Alain Lacoste.
Mais le match n’est pas joué. Et quel qu’en soit le résultat, un mot résonne en boucle des deux côtés (car ce sera de toutes façons l’issue obligée d’après campagne): c’est le rassemblement.
*A noter un débat citoyen organisé par le comité de soutien à Martine Aubry, avec Gérard Filoche, spécialiste des questions sociales, auteur de «Dette indigne. Qui sont les coupables? Quelles sont les solutions?» Vendredi 14 octobre à 18h30 salle Jean Jaurès (mairie) à Foix
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