Kamel Chibli (PS), véritable vainqueur sorti des urnes... en tout cas arithmétiquement

Avec 35 486 voix et 52,10% des exprimés, la liste de Carole Delga est arrivée en tête du scrutin en Ariège devant le FN (30,65%) et la liste républicaine de Dominique Reynié qui n’a pas réussi à dépasser la barre des 17,26%.
Kamel Chibli, le candidat ariégeois sort gagnant de ce scrutin. En route pour Paris où il assiste ce lundi au bureau national du PS, il a cependant pris le temps de répondre à quelques questions.
Quelles sont les leçons que vous tirez de ce scrutin?
«Tout d’abord l’effondrement des Républicains, la droite traditionnelle, et de facto une montée importante du FN. Nous avons un peu mieux résisté ici en Ariège, car nous avons un solide ancrage à gauche.
C’est une variable non négligeable à laquelle il va falloir trouver des réponses. Nous avons déjà quelques idées là-dessus. Il y a un véritable glissement du vote de droite vers le FN. Il y a un vrai problème dans la vie politique à force de courir le FN on le fait grossir et prospérer. C’est la première leçon que je tire.
Ensuite la campagne de terrain menée avec mes colistiers a porté ses fruits que ce soit le terrain 24h/24, le porte-à-porte, notamment à Pamiers nous a permis de rencontrer les Ariégeois».
Quel regard portez-vous sur le vote FN même dans des territoires ruraux, traditionnellement rose?
«On voit que tout le monde s’amuse à pointer du doigt, y compris les médias, les petits villages reculés qui malgré la quiétude qui y règne se sont massivement portés sur le vote FN. Il faut reconnaître qu’en France aujourd’hui la ruralité est un terreau du FN.
Si on regarde les autres départements qui ont peut-être une tradition socialiste moins importante, le FN arrive en tête. Les problèmes que l’on a et que l’on a pu percevoir sur le terrain, c’est que les gens du fond de leur village ont le sentiment d’être oubliés. Il y a aussi ceux qui ont peur ou ceux qui partagent les idées frontières mais le sentiment d’exclusion alimente le FN.
Et c’est à tous ces gens qu’il faut être en mesure d’apporter une réponse à leurs questions, inquiétudes. La campagne menée avec Carole Delga dans la grande région était aussi de rassurer.
Il y a des endroits où le chômage est important depuis 25 ans comme en Pays D’Olmes, des petits villages qui ont le sentiment d’être exclus, un sentiment d’insécurité sur lequel surfe le FN et ce sont ces territoires les plus fragiles.
D’autre part la montée du FN est forte d’autant que la droite est affaiblie. Il y a là un vrai challenge pour les hommes et femmes de gauche dans ce département pour aller à la rencontre de tous ceux qui votent FN au premier ou au second tour».
Au regard de l’enseignement de ce scrutin, quelle est la portée de la parole des politiques? Leur action n’est-elle pas remise en question?
«Ma campagne illustre une autre façon de faire de la politique. J’ai 38 ans, j’ai compris dès le départ qu’il fallait faire campagne différemment. La classe politique en général doit se remettre en question sur sa façon de faire de la politique.
On ne gagnera pas à convaincre les électeurs si ce n’est pas en étant sur le terrain de façon régulière. Ce qui revient souvent du terrain c’est «on ne vous voit jamais». Les gens ont besoin de cette proximité, y compris sur la jeunesse (j’en fais mon combat personnel).
Nous avons tous intérêt à faire un travail conséquent pour ramener l’électorat jeune aux urnes et éviter les 68% d’entre eux qui ne votent pas surtout que dans ce cas particulier on parle d’avenir... à la région c’est leur avenir qui se joue.
La classe politique à droite comme à gauche doit se remettre en cause sur ses pratiques et sa façon de faire de la politique. Je ne me réjouis pas d’avoir une opposition FN, j’aurais préféré que ce soit la droite.
Les électeurs ont tranché il faut respecter leur choix. Mais il y a un réel travail en profondeur à réaliser».
dans la même rubrique
- Saint Jean du Falga: mouvement de grève à l'ADAPEI
- Mazères: les salariés de Denjean en grève
- Faible mobilisation en faveur de l'état d'urgence sociale en Ariège
- Les orthophonistes ariégeois encore et toujours mobilisés
- L'intersyndicale se mobilise en faveur de l'état d'urgence sociale en Ariège
- Laroque d'Olmes: la CGT entend permettre l'émergence d'une «prise de conscience collective»
- Laroque d'Olmes: suppression de 55 postes à Johnson Controls, la CGT parle d'un «état d'urgence sociale en Ariège»
- Installation du nouveau Conseil régional: Carole Delga (PS) entend mener «une politique d'excellence et de proximité»
- Kamel Chibli (PS), véritable vainqueur sorti des urnes... en tout cas arithmétiquement
- Les Ariégeois choisissent la gauche mais confirment la percée du FN et la chute de la droite républicaine
- Le Président Alain Leroux et le Conseil d'Administration de la FBTP de l'Ariège reçus à l'Assemblée Nationale
- Élections régionales: le Front National mobilise et rassure
- Élections régionales: second tour mode d'emploi
- Élections régionales: Kamel Chibli mobilise la jeunesse ariégeoise
- Aimé Deléglise (ex-FN): «le programme de Louis Aliot ne présente aucun projet utile pour l'Ariège»
- Second tour des régionales en Ariège: la nouvelle équipe du socialiste Kamel Chibli








