Une fois de plus, c'est une affaire d'«agression sexuelle sur un mineur de 15 ans par personne ayant autorité» qui a été jugée devant le tribunal correctionnel de Foix, pour des faits commis du 1er août 2008 au 31 mai 2010.
Une douloureuse affaire où misères sociale et intellectuelle tiennent le haut du pavé...
J.P est le frère de l'ex beau-père de la petite V. De temps en temps il était hébergé chez ses parents, «lorsqu'il travaillait dans le coin»
Le soir quand tout le monde était couché, il se rendait dans la chambre de la petite fille, âgée à l'époque de 10-12 ans et se livrait à des attouchements.
En garde à vue, J.P a reconnu une partie des faits, les atteintes sexuelles. Il a nié les pénétrations avec les doigts et la tentative de viol.
La victime n'a pu se confier qu'après la séparation de sa maman avec son beau-père «pour ne pas créer d'autres problèmes»
La tristesse et l'incrédulité font place au dégoût, lorsque la présidente du tribunal souligne que V a été victime d'agression sexuelle de la part d'un de ses frères, alors qu'elle était âgée de 6 ans et que son autre frère se livrait à des brutalités sur elle.
La psychologue qui a rencontré l'enfant parle d'«un milieu familial complexe où l'enfant a vécu une sorte de répétition dans sa place de victime»
A la barre, sous les questions de la présidente du tribunal, J.P a tenté d'expliquer les «caresses»: «je lui ai caressé le corps, c'est tout»
Quand Isabelle de Combettes de Caumon le presse de décrire ses gestes, l'homme se renferme.
La présidente le pousse dans ses retranchements: «ça vous paraît normal de faire ces gestes à une fillette de 10 ans ?»
Le prévenu hausse les épaules «ça m'est passé par la tête, je n'ai pas pu me contrôler»
«Il s'agit d'une pulsion et c'est inquiétant Monsieur» rétorque la présidente qui lit à présent le rapport du psychiatre mandaté.
Ce dernier fait état du «statut d'handicapé du prévenu qui vit avec une allocation spécifique. Un homme alors âgé de 39 ans et présentant un retard mental léger, une psychorigidité et une instabilité émotionnelle»
Les parties civiles décrivent le désarroi et la peur de la victime, la dissimulation de J.P pour arriver à ses fins.
Me Guitard souligne: «Mr a bien appris sa leçon... il sait ce qu'il raconte aujourd'hui»
L'avocate poursuit: «vous êtes saisi seulement pour agression sexuelle, il s'en sort bien alors que ma cliente raconte et détaille les tentatives de pénétration.
Pour V, cet homme c'était l'autorité. Sa maman a eu un enfant avec le frère de ce dernier. Elle avait peur de faire exploser la cellule familiale»
L'avocat de la défense a plaidé «les problèmes de retard mental de son client, un syndrome de la persécution ainsi qu'un contexte familial favorable à l'agression. Il faut le protéger de ses propres pulsions; qu'il comprenne ses actes et qu'il soit puni»
Au Ministère public, Marilyn Blanc s'indigne: «il n'a aucun remords! C'est inadmissible. Une petite file a été victime des assauts de Mr.
Une enfant déjà traumatisée, fragilisée par la vie. Une enfant muette durant toute cette période. Il sait parfaitement dissimuler, il a dit qu'elle était consentante. Est-ce qu'on a besoin d'avoir un QI élevé pour être capable de compassion?
Il a menti effrontément à votre barre, il cherche encore à échapper à sa responsabilité»
Le substitut du procureur termine son réquisitoire «lorsqu'il est dans une situation de frustration, il peut être dangereux»
Trois ans de prison, dont deux assortis du sursis et une mise à l'épreuve de trois ans, l'obligation de soins, l'interdiction d'entrer en relation avec la victime et l'indemnisation de celle-ci ainsi que l'interdiction d'une activité en lien avec les mineurs étaient demandés par Marilyn Blanc.
Le tribunal et les citoyens assesseurs ont suivi ces réquisitions, y ajoutant l'inscription au fichier des délinquants sexuels qu'elle avait aussi conseillée.
A la lecture du verdict J.P n'a pas l'air conscient qu'il devra effectuer un an de prison ferme; un petit sourire flotte sur son visage quand il rejoint sa famille et son avocat.
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