Tribunal correctionnel de Foix: le prisonnier écope de 15 jours supplémentaires

© midinews (archives)

Alors qu’il était en promenade dans la cour de la Maison d’arrêt de Foix, le 7 novembre dernier, Rachid a ramassé une boulette projetée de l’extérieur, par-dessus le mur.

Lors de la fouille générale s’ensuivant, il était retrouvé porteur de 2g d’herbe de cannabis.
Des sanctions fermes à l’encontre des projeteurs et des receveurs
Incarcéré depuis novembre 2014 pour plusieurs condamnations dont le sursis est tombé, le prévenu est libérable en juillet prochain.

Concernant cette boulette de cannabis, il explique au tribunal: «c’est tombé à côté de moi, j’ai voulu savoir ce que c’était».

Et d’indiquer «je l’ai rendu spontanément, je n’ai pas voulu faire d’histoires».

Des propos contre lesquels s’élève Karline Bouisset procureur. «Non, il trouve une boulette d’herbe de cannabis, se dit: chic et il la met dans sa bouche».

Karline Bouisset entend mener une politique de répression assez ferme afin que les détenus sachent que cela doit cesser.

Le procureur notant: «nous avons été maintes fois alertés sur des problèmes de circulation d’objets illicites (téléphones, cartes SIM, herbe, ndlr) au sein de la Maison d’arrêt de Foix.

Pour faire pénétrer ces objets, il faut un projeteur et un receveur
».

Et le procureur de conclure: «j’engagerai des poursuites systématiques, car il n’est pas question de continuer à voir proliférer ce système sans avoir des sanctions fermes».

Un mois et maintien en détention ont été requis.
Il a cru pouvoir s’évader avec ce produit, l’alpha-oméga de ce dossier
En défense Me Frédéric Baby note «depuis de nombreuses années les produits stupéfiants irriguent les maisons d’arrêt de ce pays. Cela devrait nous alerter pour la sécurité des surveillants et des détenus».

Revenant sur le dossier de son client, l’avocat fuxéen glisse: «jusqu’à preuve du contraire, il n’était pas destinataire de cette projection. Il s’est baissé et l’a ramassé pour son usage personnel.

Il faut se mettre à la place de l’être humain, au-delà de la répression systématique, il existe la compréhension
» souligne-t-il avant de parler «des difficultés du système carcéral français».

Rachid a quant à lui promis qu’il ne recommencerait pas. Il a été condamné à 15 jours supplémentaires.

NR | 11/02/2016 - 17:52 | Lu: 2663 fois