Aux abords du village de Larcat (en Haute-Ariège), la végétation a pris le dessus, en avalant au fil des années les terrasses et les murs construits par les anciens.
Sauf sur les terres cultivées par un jeune couple de maraîchers en contrebas du village, où ce patrimoine ressort aujourd’hui de terre.
Car cette semaine, un stage pour apprendre à restaurer et entretenir les murs de soutènement en pierres sèches y a été organisé par la fédération pastorale de l’Ariège (dans le cadre d’un programme appelé «1001 terrasses d’Ariège»).
Les participants? Des agriculteurs ou membres d’association d’insertion qui ont besoin de ces techniques, mais aussi des particuliers inspirés par le travail de la pierre.
Et pour les agriculteurs qui travaillent les terrasses concernées, ces travaux leur permettront de ne pas perdre des espaces précieux.
«Il n’y a pas de liant, pas de ciment, ni de chaux ou de terre» explique Rémi Folcher, formateur venu des Cévennes.
Dans un mur de soutènement, «la pierre est utilisée pour faire poids contre la pression de la terre au-dessus»
Loin d’être un empilement de cailloux, la construction de ces murs demande des savoir-faire précis.
Il faut analyser le terrain, trier les pierres, apprendre les techniques de tailles, calculer le fruit (c’est à dire l’angle d’inclinaison) du mur et son épaisseur, préparer les fondations avec les bonnes pierres; puis monter le mur dans les règles de l’art.
Des savoir-faire utilisés par les anciens, et qui ont bien failli tomber dans l’oubli.
Aujourd’hui selon Rémi Folcher, «c’est un savoir qui a évolué. On peut même parler de pierres sèches modernes. Tout un travail a été fait avec des ingénieurs»
Mais aussi autour de la qualification professionnelle, avec la création d’un diplôme d’ouvrier professionnel en pierres sèches, «d’un savoir empirique, on est passé à quelques chose qui est transmis par une école»
Et la transmission se poursuit car la construction «à sec» a plusieurs avantages.
Premier d’entre eux: on utilise ce qu’il y a sur place.
De même, du fait qu’il n’y ait pas de liant, l’eau peut circuler, s’écouler et jouer son rôle de drainage. Ce qui permet aussi à la faune et à la flore de trouver un refuge.
«De par son bâti, le mur en pierres sèches accepte des déformations par rapport à un mur en béton qui est très rigide» explique aussi le formateur.
Durables, solides, économiques, ces murs de soutènement en pierres sèches ont donc plus d’une corde à leur arc.
Pour Olivier Ralu (vice-président de la fédération pastorale), «c’est une richesse esthétique et patrimoniale»
Un patrimoine enfoui, qui ne demande qu’à reprendre sa place.
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: une évasion rocambolesque
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les voyageurs expédiés et reçus
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: faits divers
- Depuis deux siècles, la chapelle Notre-Dame de Montgauzy veille sur les Fuxéens
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les duels
- Camp de concentration du Vernet d'Ariège: la demande d'inscription aux monuments historiques...
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: les lotions miraculeuses
- 100 ans après, conserver la mémoire de tous les «Poilus» ariégeois
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: une femme à la direction de l'usine
- Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: dès 1825, l'usine s'agrandit
- Mémoire de montagnards, le partage d'un trésor unique
- Pyrénées Cathares: des panneaux pour mettre en avant l'histoire et le patrimoine des communes

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





