Tamis, truelles, sécateurs… une dizaine de bénévoles accroupis sur un terrain pentu, en équilibre et en plein soleil, s’activent depuis le début de la semaine à déblayer la terre, couper les racines et passer au crible des tombereaux de terre.
On pensait que le château de Montréal de Sos avait livré tous ses secrets après plus de dix ans d’une fouille minutieuse menée par Florence Guillot, docteur en histoire, archéologue et responsable scientifique du chantier, mais il n’en est rien.
L’histoire du site et de cette vallée de Haute Ariège s’écrit au fil des campagnes de fouilles et des sondages: 130 000 fragments d’objets trouvés permettant d’affiner les datations (entre -1000 et +1400) et de mieux connaître les habitants de ce château qui a vécu son âge d’or au Moyen Age, à l’époque où il sert de caserne aux comtes de Foix face à l’envahisseur aragonais.
Après avoir mis au jour des structures bâties et des centaines de mètres de murailles, cette année l’étude porte sur les grottes fortifiées de la vallée et plus précisément sur celle du Campanal, située à quelques mètres au dessous du château.
«Cette grotte fortifiée a dû participer à une époque à la fortification de l’accès sachant qu’il y a eu une tour en face qui fait barbacane» indique Florence Guillot.
Les résultats de ce sondage sont d’ores et déjà exceptionnels: fragments d’enduits peints colorés, encadrements de fenêtres, tout laisse penser qu’une très belle chapelle castrale était située au-dessus, au Campanal, une chapelle castrale que Florence Guillot situe entre le 13ème et le 14ème siècle, une découverte rarissime en Haute Ariège qui permet de faire progresser l’histoire de la région et celle du château.
Pour corser les choses, une fouille clandestine dans les années 60 a passablement perturbé la lecture du site d’où la présence de Cécile Rousseau, archéo-anthropologue qui va tenter de savoir si les ossements (phalanges, fragments de crânes, de cubitus, têtes fémorales) viennent de la grotte ou s’ils sont tombés du haut du château.
«Le nombre d’individus est à identifier, tout comme le nombre de sépultures, enfin nous procéderons à une identification au Carbonne 14 pour déterminer l’ancienneté de ces squelettes»
Florence Guillot précise qu’au Moyen Age le cimetière était à Goulier mais les personnages importants pouvaient cependant se faire enterrer à l’intérieur d’une chapelle.
A ses côtés, Nicolas Portet, médiéviste, spécialiste du mobilier et une équipe pluridisciplinaire, des habitués de la région ou des spécialistes venus de plus loin comme ce jeune archéologue canadien qui n’a pas hésité à faire le voyage jusqu’à la vallée du Vicdessos.
Suite à la grotte du Campanal une seconde opération archéologique est prévue la semaine prochaine par l’association Montagne et patrimoine dans le cadre de l’Observatoire Hommes Milieux du Haut Vicdessos de l’Université Toulouse Le Mirail.
Elle aura pour objet d’étudier le pastoralisme montagnard pyrénéen ancien, les cabanes pastorales et la vie des hommes et des femmes qui y vivaient.
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