En 2011, 30 affaires de viols et 35 agressions sexuelles ont été déférées au parquet de Foix dont 73% sur des mineures.
Les affaires touchent la sphère privée, le milieu professionnel, la vie de tous les jours… des faits divers qui font souvent les gros titres des journaux, de véritables drames pour les victimes.
Le viol détruit ce qui fait l’essence même d’un être humain, il enfonce dans le silence, dans la honte et le désespoir.
La DDCSPP (service des droits des femmes et de l’égalité) avec l’appui du CIDFF (centre de formation sur les droits des femmes et des familles) organisait ce matin à Foix une conférence départementale sur le thème «Viol et violences sexuelles, quel accompagnement pour les victimes ?»
Une manifestation ouverte aux professionnels du département (ils étaient 170 a avoir répondu à l’invitation) confrontés ou susceptibles d’être confrontés dans leur pratique professionnelle, à cette forme de violences sexistes que sont les violences sexuelles.
Véronique Castro, directrice de la DDCSPP, a ouvert les débats en précisant que le ministère des droits de la femme avait revu la loi sur le harcèlement sexuel (la nouvelle mouture a été adoptée le 6 août 2012) et qu’une nouvelle campagne allait débuter pour en faire connaitre les grandes dispositions.
«A l’occasion de la célébration du 25 novembre, journée nationale de sensibilisation sur les violences faites aux femmes, nous avons décidé d’évoquer le viol et les violences sexuelles à travers cette journée de formation en direction des professionnels […]
Cette thématique demande connaissance, compréhension et réflexion pour une meilleure prise en charge […] Aujourd’hui le viol est le crime le moins puni car le moins dénoncé, il ne faut pas perdre de vue que l’unique coupable c’est l’agresseur»
Olivier Caracotch, procureur de la République, a évoqué le volet pénal: «lorsqu’on impose une pénétration de nature sexuelle c’est un viol, un crime puni de 15 ans de réclusion criminelle et 20 ans s’il y a des circonstances aggravantes (utilisation d’une arme, viol en réunion, état d’ivresse, conjoint de la victime…) et qui dit crime, dit Cour d’Assise, c’est le pôle criminel à Toulouse qui mène l’enquête […]
A ce jour plus de la moitié des viols sont considérés comme des délits et jugés par le tribunal correctionnel, on parle de correctionnalisation, la procédure est encadrée en règle générale, il faut que les victimes donnent leur accord, une telle procédure gagne en temps et en efficacité»
Parmi les conférenciers qui ont éclairé la réflexion de leurs expériences et de leurs recherches, le Dr Emmanuelle Piet, médecin départemental de PMI, président du collectif Féministe Contre le Viol.
Elle dénonce l’inégalité homme/femme face à la violence: «le viol est présent, en risque ou en réalité, dans toutes les violences faites aux femmes.
Dans les violences conjugales, dans le harcèlement au travail, les mutilations sexuelles, les mariages forcés… mais la société essaye de le cacher, elle le banalise.
On dit elle s’est faite violer, un peu comme si au fond, elle l’avait un peu cherché. On devrait dire elle a été violée, c’est tout de même elle la victime, il ne faut pas inverser les rôles.
Il faut changer les mentalités, la société a du mal à accepter une personne victime de viol. Il faut que le honte change de camp, ne pas se sentir responsable, coupable, c’est le premier pas pour se reconstruire […]
La victime est responsable de rien, le viol abîme, il y a de gros traumatismes après, ça se soigne. On doit pouvoir à la fois assurer la sécurité de la victime, c’est la justice, et puis la soigner, c’est pour cela que nous demandons depuis longtemps une prise en charge à 100% par la sécurité sociale des victimes de viol»
Son association a mis en place un numéro d’appel: Viols Femmes Informations 0800 05 95 95, il répond à l’ensemble des questions des victimes que ce soit en matière pénale, au niveau du stress traumatique, psychologique, elles sont accueillies et accompagnées.
Le message du Dt Emmanuelle Piet en direction des professionnels est clair: «une personne victime de viol n’y est pour rien, le violeur n’avait pas le droit, on peut et on doit l’aider»
| Violences faites aux femmes en France -Violences sexuelles: Toutes les 3 mn, une femme est victime de viol ou de tentative de viol Une femme est violée toutes les 7mn 50% des viols perpétrés le sont sur des mineurs 75 000 femmes violées chaque année 10% de victimes portent plainte et 2% des auteurs sont condamnés -Violences conjugales: Une femme meurt tous les 3 jours, des suites de violences conjugales (un homme tous les 15 jours) en 2011 Une femme sur 10 est victime de violences conjugales Un meurtre de femme sur 2 est commis par le conjoint ou l’ex-conjoint de la victime 53 infractions de violences sexuelles recensées en 2010 dans le département de l’Ariège: 28 viols et 25 agressions sexuelles On note que 64% des viols et 88% des agressions sexuelles sont commis sur des mineurs 64% des viols et 88% des agressions sexuelles sont commis en zone de gendarmerie |
- La ligue de l'Enseignement de l'Ariège lance l'édition 2013 de la quinzaine de l'Ecole Publique
- Saverdun: prix d'excellence pour un maître d'apprentissage du CFA départemental de l'Education...
- Opticiens en Ariège: comme au niveau national, une profession à l'image brouillée
- Campagne-sur-Arize: l'Europe, le néolibéralisme et la démocratie, par Mireille Bruyère, une...
- Christelle Gourvennec, nouvelle coach de vie: «il suffit de peu de choses pour voir la vie...
- Homophobie et harcèlement à l'école: Michel Teychenné vient de rendre son rapport à Vincent Peillon
- L'association Autisme Ariège satisfaite que le 3e plan national reprenne globalement les...
- Tarascon-sur-Ariège: rencontres théâtrales d'enfants organisées par l'OCCE de l'Ariège
- St Jean du Falga: challenge départemental de foot sous le signe du sport et de la solidarité
- 1er mai, fête du muguet et du travail en Ariège
- Saint-Girons, ville étape d'un tour de France en tandem pour sensibiliser au don du sang
- Les Cabannes: le séminaire slow food fait des émules





fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





