Décès de Jean Vézian, grande figure de la préhistoire ariégeoise

Après avoir consacré sa vie et son œuvre à l’étude de la préhistoire, Jean Vézian s’est éteint mardi, à l’âge de 97 ans.

Il a dédié une majeure partie de ses travaux à la grotte du Portel à Loubens, dont il était propriétaire.

Un site classé monument historique, qui «a révolutionné l’interprétation de l’art paléolithique» selon Jacques Azéma, du service médiation du Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège.

C’est d’ailleurs grâce son étude fouillée de la grotte du Portel, unique au monde pour les spécialistes, que la notoriété de Jean Vézian a largement dépassé les frontières ariégeoises.

Toujours résolu à ne pas laisser l’exploitation touristique s’emparer de ce joyau de la préhistoire, il a su préserver les centaines de peintures et de gravures qui y sommeillent depuis plus de 25 000 ans.

De précieux vestiges que Jean Vézian, avec l’aide de son père Joseph Vézian, a commencé à protéger dès les années quarante.

Dans la grotte du Portel, père et fils ont effectué des relevés des sols qui n’avaient pas été faits depuis 170 ans.

Avide de connaissances, Jean Vézian s’est aussi intéressé à d’autres sites ariégeois, comme la grotte de Saint-Jean-de-Verges, qu’il a découverte, toujours avec son père.

Mais ses recherches l’ont aussi amené à explorer des sites autour de la Garonne, où il mit au jour des trouvailles datant de 200 000 à 400 000 ans avant notre ère, à l’époque de l’apparition des premiers humains.

«C’était un homme exceptionnel à bien des titres» se souvient Jean-Pierre Alzieu, proche ami de la famille.

Pour lui, le nom Jean Vézian est «indissociable de l’histoire ariégeoise»

L’homme s’inscrit en «véritable pionnier de l’étude préhistorique contemporaine»

Cette reconnaissance, le préhistorien l’a toujours assumée avec la plus grande humilité.

Humilité envers laquelle Jean-Pierre Alzieu tient à rendre un dernier hommage: «après avoir voué sa vie à l’étude de l’homme et de la préhistoire, sa modestie légendaire reste à la hauteur de son œuvre»

Depuis une quinzaine d’années, l’état de santé de Jean Vézian ne lui permettait plus d’accéder à la grotte du Portel.

Mais Régis Vézian, «héritier spirituel de son père» et lui aussi préhistorien, a d’ores et déjà repris le flambeau.

Extraits des travaux de Jean Vézian:
Réflexions sur l'analyse pollinique de la grotte de Saint-Jean-de-Verges
Les fouilles à l'entrée du Portel Ouest
Quelques objets paléolithiques de surface dans la région des pré-Pyrénées ariègeoises

CL | 16/02/2012 - 19:13 | Lu: 38210 fois