Formation: pourquoi la VAE ne marche-t-elle pas en Ariège?

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Alors que les mesures du plan d’urgence pour le retour à l’emploi se font attendre, le département de l’Ariège avec son taux de chômage record pourrait paradoxalement être pionnier en matière de VAE (valorisation des acquis de l’expérience).
Né sous l’impulsion de Martine Aubry lors de son passage au ministère du Travail avec la volonté de créer un droit effectif à la formation pour chacun, cet élément constitue aussi un outil de prévention et de sécurisation des parcours pour les salariés confrontés aux mutations économiques et un outil de dynamisation pour les demandeurs d’emploi.
C’est en tout cas le sentiment de Michèle Saulnier qui depuis l’origine de ce dispositif a déjà accompagné plus de 200 personnes dans la voie de l’accès à la qualification par la certification.
L’ambition de faire de l’Ariège un département pilote en matière de VAE
Elle la partage avec Martine Lasserre, présidente du CIBC09 (centre interinstitutionnel de bilan de compétences) autre interlocuteur en matière de bilan de compétence et d’accompagnement.
«Nous avons l’ambition de faire de l’Ariège un département pilote en matière de VAE, indique Michèle Saulnier qui n’a pas hésité à interpeller par courrier Emmanuel Macron et Myriam Khomri.
Nous avons la compétence et l’expérience en la matière. Face à l’augmentation du chômage en Ariège, la VAE constitue une réelle opportunité pour le demandeur d’emploi qui met à profit cette période de non-activité pour faire le point sur sa vie professionnelle et se donne la possibilité de rebondir».
Installée au 20, rue Lafaurie depuis le début des années 70, son centre de formation propose soutien scolaire, préparation aux concours et fameuses VAE.
Depuis plus de 25 ans, Michèle Saulnier a vu passer de nombreux candidats toutes filières confondues, elle a réussi à les accompagner jusqu’au précieux sésame en leur redonnant confiance en eux.
Parmi eux, elle se souvient d’un mécanicien sur métier à tisser dans le textile à Lavelanet. Le candidat a réussi à valider un Bac Pro en mécanique.
«Il a eu spontanément ce mot: comme quoi j’étais pas si con que ça! Cela résume l’état d’esprit de tous ces gens qui se sentent dévalorisés.
Ils ont souvent peur de l’écrit, car ils sont sortis du système scolaire sans diplôme… à partir de leur expérience, on leur réapprend à écrire, à parler d’eux à la première personne. Ils retrouvent confiance».
L’ancienne professeur de l’Éducation Nationale évoque aussi avec beaucoup d’émotion les VAE du Conseil Général qui ont été accompagnées pour devenir assistante familiale.
«Elles avaient plus de 50 ans et c’était leur premier diplôme, nous avons eu 93% de réussite… elles en avaient les larmes aux yeux!
Mais ce qui demande le plus de temps ce sont les petits niveaux, les gens sortis du système scolaire sans diplôme, il faut les aider davantage et c’est notre rôle… les CAFDES pour les directeurs d’établissements sanitaires et sociaux sont plus facile à gérer».
Pôle Emploi prend en charge une grosse partie de ces VAE et l’opération est intéressante pour le futur employeur dans la mesure où les candidats ont l’expérience nécessaire requise.
«Ce dispositif permet de mettre en relation l’expérience et le niveau et de les valider officiellement.
Le cahier des charges est précis, il comporte toutes les aptitudes requises pour tel ou tel profil de poste ou d’emploi, le candidat doit savoir mettre des mots sur ce qu’il fait depuis de longues années…
La VAE se rédige à la première personne, toute la différence est là… ici on se confesse, on fait le point sur sa vie à un moment donné, c’est toujours enrichissant de savoir à quel niveau on se situe.
Il faut 6 mois pour une bonne VAE».
Et de la santé à la restauration, en passant par la gestion, du BTS au CAP en passant par les Bac +5, Michèle Saulnier prépare tous les ans 7 ou 8 VAE.
Aujourd’hui à 75 ans elle est légitimement en âge de passer la main, mais avant cela elle aimerait pouvoir transmettre, partager son expérience.
«Ce dispositif existe, on n’en fait pas assez la promotion… il faut que les gens n’aient plus de complexes, qu’ils n’hésitent pas à se renseigner, on y arrive quelque soit le niveau et on peut même le faire par Internet».
Si le ministre de l’Économie a répondu à son courrier, Michèle Saulnier attend toujours un retour du ministère du Travail…
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