Prévu au départ pour accueillir 15 000 patients il y a dix ans, le service des urgences du centre hospitalier du Val d’Ariège en reçoit aujourd’hui le double soit 30 000.
«Il y a un ras le bol général. 98% des personnels, médecins compris, ont signé une pétition demandant des effectifs supplémentaires» explique Jacques Gomes, délégué CGT et ancien infirmier des urgences.
C’est pourquoi l’intersyndicale FO/CGT a déclenché un préavis de grève pour mercredi 20 février prochain dès 10h. Pour autant, les urgences ne fermeront évidemment pas leurs portes aux patients.
La grogne du personnel vient donc de cette augmentation considérable de trafic. «On assiste à des actes qui pourraient mettre en danger la sécurité des patients»
Les problèmes de saturation y seraient assez fréquents alors qu’ils n’étaient que ponctuels auparavant. Des patients seraient en outre installés dans les couloirs faute de place, selon les dires des syndicats.
«Les histoires d’attente sur les brancards ou les ambulanciers en salle d’attente pendant des heures sont vraies» rapporte Jacques Gomes.
Parmi les revendications syndicales, l’obtention d’une infirmière pour l’accueil et l’orientation des patients 24h sur 24 contre 12h actuellement. La présence d’une aide-soignante supplémentaire en journée et l’allongement des plages horaires des services hospitaliers.
La grève illimitée débutera mercredi matin par un rassemblement devant l’hôpital de 10h à 12h.
Pour une meilleure adéquation activité/personnel
Le directeur de l’hôpital, André-Gwénaël Pors, se montre vraiment très ouvert à la discussion. «Il faut dialoguer avec le personnel pour comprendre ce qu’ils vivent. L’intérêt aujourd’hui est de mieux répartir les moyens humains par rapport à l’activité»
Le directeur a notamment annoncé au personnel un projet d’agrandissement à la fin de l’année 2015 pour le service des urgences. «Le 1er mars, nous lançons les consultations pour choisir un architecte. C’est un projet compliqué puisqu’il représente un tiers de surface en plus»
André-Gwénaël Pors avoue que la santé financière de l’hôpital ne permet pas de recrutement. «Nous sommes plutôt dans une phase de stabilisation des finances»
C’est pour cela qu’il prêche pour une optimisation des circuits et une bonne organisation, notamment avant l’entrée dans les futurs nouveaux locaux.
Si la nouvelle réjouit le personnel, il espère obtenir tout de suite les moyens humains supplémentaires. «Pour les locaux, on est d’accord mais pour le personnel c’est tout de suite dont on en a besoin» prévient Jacques Gomès.
L’absorption des pointes d’activité est pointée du doigt par le directeur qui constate qu’il y a plus de passages en soirée et début de nuit que le matin.
«Le personnel des urgences vit dans un flux incessant avec des patients de plus en plus difficiles. Cependant, on ne s’en sort pas trop mal puisque notre taux moyen d’attente est plus faible que la moyenne nationale. Mais on ne peut bien sûr pas se contenter de cela»
En effet, le temps d’attente moyen au Chiva s’élève à 2h contre 4h au niveau national.
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