Textile: les salariés de la SOTAP-CAROL mobilisés sur le rond-point de Lavelanet
15/02/2013 | 19:18
© MidiNews 2013

Le textile va mal. Depuis les dix dernières années on assiste à la fermeture inexorable des entreprises qui constituaient pourtant il y a encore peu le fleuron de l’économie du Pays d’Olmes.

Après Roudière SA, Avelana, Mirabeau SA, TCS, etc… c’est au tour de l’entreprise SOTAP-CAROL de Montferrier.

Une entreprise familiale créée en 1926 qui s’est fait un nom dans l'ennoblissement des textiles maille et l’impression, les sous-vêtements et lingerie fine, mais aussi les textiles dits intelligents (Recherche sur la Réflectance Infrarouge appliquée sur des textiles du secteur militaire).

Mais face au coût du travail en Chine, impossible de rester compétitif même avec un produit de haute valeur ajoutée.

Avec la crise, les banquiers restent campés sur leurs positions, malgré l’autofinancement de certains investissements, la trésorerie n’est pas suffisante.

Placée en liquidation judiciaire au mois de décembre dernier, la SOTAP-CAROL aurait retrouvé un repreneur, Jean-Louis Baudru, un chef d’entreprise d’origine lavelanétienne, intéressé par cette société.

Mais dans son offre, il ne reprend que la moitié des salariés et pour ces employés qui ont souvent 20 à 30 ans «de boîte», cette proposition est difficilement acceptable.

Aussi, les salariés se sont mobilisés ce vendredi sur le rond-point de Lavelanet.
«47 licenciements; à nos âges que va-t-on faire ?» s’interroge Daniel.

Pour Patrick, délégué syndical, cette action est destinée à sensibiliser la population: «dans quelques semaines notre entreprises risque de fermer ses portes»

Sans tomber dans la résignation, les salariés de la SOTAP-CAROL dénoncent la concurrence déloyale avec la Chine et espèrent que le dossier déposé au tribunal administratif aura fait l’objet d’amendements de la part du repreneur.

«Les politiques sont au courant mais s’ils ne le sont pas, nous espérons en occupant ce rond point qui est sur la route du ministre Delaunay en déplacement à Bélesta, qu’ils l’apprendront vite !»

Désormais, la balle est entre les mains du tribunal de commerce de Foix, et de l'administrateur judiciaire, Luc Fourquié. Ils devront se prononcer dès lundi sur cette offre de reprise.

Les salariés seront reçus dans la semaine par Jean-Pierre Bel, président du Sénat.


Les banques pointées du doigt

En écho au désarroi des salariés de la SOTAP-CAROL, celui des salariés de la Filature de Dreuilhe.

Symboliquement, c’est devant le Crédit Agricole de Lavelanet que la CGT a organisé ce vendredi une mobilisation pour dénoncer la position des banques qui «doivent être au service de l’emploi et pas de la finance»

En effet selon le syndicat, les 30 salariés de la Filature de Dreuilhe ne sont pas payés faute de trésorerie. Leur métier est difficile et ils ont relevé le défi depuis 2005 en travaillant sur les fils techniques, le chanvre, etc.

«Faire grève dans cette situation est suicidaire, c’est pour cela que nous sommes devant l’agence du Crédit Agricole aujourd’hui car la direction de cette banque est responsable de cette situation» explique Alain Fournès de la CGT.

«Tous les nouveaux montages et aides du gouvernement n’ont pas suffi à régler les problèmes, le maintien de l’activité et des emplois ne seront pas possibles sans prêt bancaire !»
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 15/02/2013 | 19:18 | Lu: 38581 fois