La ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie en visite dans le département de l’Ariège a inauguré ce matin le Sapin d’Or, le nouvel établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de Bélesta, ouvert à ses résidents depuis le printemps 2012.
Un geste pas si anodin que cela. En effet, outre l’amitié qui lie Michèle Delaunay au président du Sénat, Jean-Pierre Bel ou sa complicité avec Frédérique Massat, députée de l’Ariège, cette petite ville de 1200 habitants a fait parler d’elle dans la presse car le territoire est confronté aux problèmes des déserts médicaux.
Encore il y a peu Alain Bolo, le maire de Bélesta et président du CCAS, désespérait de trouver un médecin coordonateur pour son nouvel établissement.
«Depuis c’est chose faite» a-t-il assuré à la ministre en lui faisant visiter la structure aux côtés des officiels venus en nombre et de Monique Cavalier, nouvelle directrice de l’ARS Midi-Pyrénées.
Un projet qui est dans les cartons de la municipalité depuis 2000, destiné à remplacer les 25 appartements non conformes de l’ancien EHPAD du centre-ville par cette maison de retraite conçue par les architectes Puyol et Marty, une opération à plus de 8 M€ (pour 61 chambres dont 11 en secteur sécurisé).
«La prise en charge de la dépendance nous concerne tous, indique Alain Bolo au détour de son allocution. Il est grand temps de changer le regard que l’on porte sur le vieillissement. Les aînés sont une chance et une force. Le plus bel âge de l’amitié c’est la vieillesse»
Augustin Bonrepaux a insisté sur l’impact de la prise en charge des personnes âgées en Ariège, un département qui compte 12% de personnes de plus de 75 ans: «le décompte est facile, cela revient à 1007 € par personne âgée. Le soutien aux personnes âgées dépendantes (APA) revient à 12 M€ pour le maintien à domicile.
Le Conseil général recherche le meilleur équilibre entre le milieu familial et les établissements spécialisés. Pour une réponse adaptée il faut adapter les établissements en faisant évoluer leur plateau technique»
Concernant le plan Alzheimer en Ariège, «nous avons accompagné les partenaires publics et associatifs pour réaliser d’importants investissements (près de 3 M€ pour 2012-2013) […] La construction d’un nouvel hôpital à Lavelanet, la réhabilitation de celui de Tarascon, la constitution d’un MAYA départemental porté par la MDPH après deux de bataille avec l’ARS montera en puissance en 2014»
Frédérique Massat a salué l’engagement de cette commune «qui a pris ses responsabilités pour offrir cette structure à ses habitants»
Indiquant au passage qu’elle partageait les propos d’Augustin Bonrepaux (voir encadré): «le département a longtemps été oublié, nous souhaitons faire partie du paysage français. Nous avons besoin de solidarité et depuis 2007 nous attendons ce chantier de la dépendance avec espoir»
Jean Pierre Bel, président du Sénat, a rendu hommage à Robert Naudy, un enfant de Bélesta, «un bâtisseur» pour l’Ariège.
Mais aussi à Jean Louis Salvayre, ancien maire du village, «un grand historien» ou encore à l'énergie d’Augustin Bonrepaux, surtout en cette période difficile, «la plus difficile depuis la seconde guerre mondiale»
Avant de s’adresser aux personnels de l’EHPAD: «je veux vous rendre un hommage appuyé, à la hauteur de vos compétences et de votre dévouement. Grâce à vous chacun peut bénéficier des soins et de l’accompagnement qui lui sont appropriés. Chacun peut être accepté et compris. Chacun peut tout simplement être lui-même, garder sa dignité»
Quant à Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées: «cet établissement est en convergence avec nos ambitions pour les personnes âgées tant pour ses critères de qualité (prise directe avec la nature, environnement spacieux pour les soignants) que pour la qualité des soins qui y sont prodigués»
Elle a salué l’engagement du Conseil général: «ce n’est pas seulement un guichet pour distribuer l’APA […] Ici nous sommes dans une maison de retraite publique, les prix de revient pour les familles sont plus maîtrisés qu’ils ne le sont dans le privé commercial, nous aurons à réguler ce champ là»
La ministre a également rappelé que cette réforme de la dépendance était une urgence.
«Elle sera prête avant la fin 2013, soit moins de 18 mois après la constitution du gouvernement. C’est une réforme ambitieuse, elle prend en compte tous les champs de l’âge (de la fin de vie professionnelle à la fin de vie) avec un parcours résidentiel adapté. Pour cela 80 000 logements seront aménagés (des foyers logements, résidences pour personnes âgées, où l’on est pleinement chez soi»
La ministre souhaite remettre à plat les aides aux personnes âgées: «il n’est plus acceptable qu’une personne ne puisse pas y rentrer ou en sortir pour raisons financières. On doit jouer à améliorer les aides publiques, avoir de l’imagination reconcevoir le financement des établissements, faire que l’amélioration de distribution des aides publiques ne constituent pas un effet d’aubaine»
Autre grande ambition de Michèle Delaunay à travers cette réforme: les EHPAD reliés aux soins palliatifs; «nous allons faire rentrer la culture des soins palliatifs dans les établissements, l’ARS nous y aidera»
Enfin, pour conclure, en se tournant vers Augustin Bonrepaux: «je vous ai bien entendu Monsieur le Président du Conseil général, nous avons des objectifs communs, la personne âgée»
| Le président Bonrepaux interpelle vigoureusement la ministre Augustin Bonrepaux a profité de son auditoire pour dénoncer le manque de moyens du département dans sa politique territoriale en faveur des personnes âgées et de la solidarité: «Aujourd’hui la situation n’est pas bonne, en 2012 le Conseil général a dû augmenter sa participation de 10% pour la prise en charge de la dépendance (soit 6,5 M€ aux EHPAD)et compte tenu des faibles ressources des familles, il a aussi dû prendre en charge un tiers des résidents (soit 6 M€ supplémentaires), soit au total un budget de 24 M€ pour les EHPAD dans un budget total du département de 84 M€… cela repésente 65% de notre budget consacré à l’action sociale. Nous sommes à la merci des financements de l’Etat (RSA, APA, etc.). Le compte n’y est pas et la situation s’aggrave chaque année! Le naufrage du département est proche malgré une gestion rigoureuse. Je ne pourrai plus payer le RSA à la fin de l’année. L’examen d’une loi sur la dépendance doit prendre une part de la CSG sinon cet établissement comme bien d’autres sera une coquille vide. Le Conseil général est prêt a faire des efforts mais qu’ils soient équitablement répartis avec une volonté de soutenir la politique du gouvernement. Nous nous devons la vérité: y compris pour la RN20 en souffrance… je vous demande de transmettre au Premier ministre nos souhaits, la politique du gouvernement ne réussira pas sans les collectivités territoriales !» |
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