Ce n’est pas le houblon qui provoque l’amertume dans la bouche de Pierre-Jean Faux mais bien cette taxe de plus de 160% votée en catimini au mois de décembre dernier et appliquée depuis le 1er janvier pour tous les brasseurs de bière présents en France.
Il en a le sourire tellement le chiffre est astronomique mais cela correspond bien à «un triplement des droits d’assises décidé par le nouveau gouvernement. La profession a bien essayé de réagir, mais mollement», du fait de l’éparpillement des petites structures.
Au final, c’est le consommateur final qui paie la note
Bien sûr en pourcentage, le chiffre est frappant. Il correspond à une hausse à double détente, la seule souplesse admise par l’Europe, selon que l’on est un gros ou un petit brasseur.
Mais Pierre-Jean a vite fait le calcul. D’un petit peu plus d’un euro, la taxe est passée à plus de trois. «L’air de rien cela représente pour moi plus de 10.000 € sur un an de taxes supplémentaires, soit quasiment l’équivalent d’un salarié»; il n’a d’ailleurs pas remplacé l’un de ses deux salariés parti à la retraite.
A l’arrivée, cette hausse «difficile à encaisser pour un petit brasseur» est répercutée même de façon modique sur le coût de la bière vendue qui s’enchérit de 12 cts, «c’est la première fois qu’on augmente ainsi nos prix» confesse-t-il.
S’ajoute à cela le fait que «bien souvent, les cafetiers en profitent pour augmenter leurs marges au passage»
Espérant toutefois qu’une boîte de Pandore dans laquelle vont s’engouffrer tous les gouvernements successifs ne se soit pas ouverte, il garde confiance en l’avenir et sait sa chance lorsqu’il mesure son parcours.
Garder la confiance de clients fidèles
«C’est le 14 juillet 2005 que j’ai effectué mon premier brassin»
Issu du milieu de la distribution (de bières) sur Saint-Girons, c’est très vite qu’il mesure l’opportunité d’une telle production sur le Couserans, suite au renouveau des petits brasseurs (par opposition aux grandes brasseries industrielles de plus en plus concentrées, aux mains aujourd’hui de deux géants mondiaux).
Un mouvement parti du Royaume Uni, passé par la Bretagne puis dans le reste de la France. «Après n’avoir été plus qu’une poignée, il y a aujourd’hui 300 brasseries artisanales contre 3.000 il y a un siècle»
L’amour du travail bien fait, la passion, est certainement la première des qualités à posséder, qu’il met en pratique au quotidien aux côtés de Marie-Hélène, sa compagne, et Guillaume son employé.
La deuxième, cruciale, «est la qualité de l’eau. Il faut bien comprendre que la bière c’est comme une infusion. D’où l’importance de l’eau, d’une qualité exceptionnelle en Couserans. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a eu tant d’activités de papèteries ou liées au bois»
60.000 litres sortent de ces cuves installées au cœur de Saint-Girons. «La bière est la deuxième boisson la plus vendue dans le monde, la première alcoolisée. Il y avait une forte demande locale. J’écoule ma bière sur le pays et ses environs jusqu'à Foix»
Sa recette est immuable. «J’utilise exclusivement des matières premières de qualité. Le malt est issu de l’agriculture biologique»
Aromatisée de houblon et de levure, cette savante décoction donne naissance à 4 bières aux noms évocateurs: la Brouche (la sorcière en occitan), Carabel, Magie Brune et Plume aux couleurs blonde, ambrée, brune et blanche, «une pour chaque saison»
Pour lui, il n’y a pas de secret. Le scandale qui secoue aujourd’hui le circuit de la viande démontre «qu’il vaut mieux s’approvisionner à la source, au plus près du producteur dont on connait les produits et la manière de travailler. Les consommateurs ne sont pas bêtes»
Pour l’heure effectivement, et malgré cette taxe, les «clientèles ont suivi, résignées, au son de tout augmente de toute façon»
Même si au fil des petites augmentations ici ou là, c’est bien le pouvoir d’achat des ménages qui s’érode. Mais, il est vrai, surtout lorsqu’il s’agit de ce que l’on mange ou l’on boit, qu’avoir confiance en la qualité n’a pas de prix.
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