ariège > actualités et économie > consommation
Légère embellie sur le front du surendettement en Ariège
21/02/2013 | 18:16
© MidiNews 2013

La presse nationale s’est largement fait l'écho ces derniers jours des dernières publications statistiques provenant de la Banque de France et concernant plus particulièrement les données sur la typologie du surendettement des ménages.

Un léger reflux du nombre de dossiers de surendettement en Ariège
Depuis qu’ils ont été mis en place dans les années 90, «de manière transitoire» du moins le pensait-on à l’époque, les dispositifs liés au surendettement ont connu des retouches successives jusqu’à la dernière Loi Lagarde qui se voulait aussi moraliser le domaine bancaire et plus particulièrement les conditions d’octroi de crédits à la consommation et ceux dits «revolving»

Pour Jean-Louis Chollet, directeur départemental de la succursale ariégeoise de la Banque de France, la meilleure information des usagers qui a suivi la Loi Lagarde est tout autant responsable que la crise «qui tend à s’enkyster» des 17% d’augmentation connus en 2010/2011 du nombre de personnes surendettées, tant au niveau national qu’ariégeois.

Aussi, même «s’il reste à un niveau record, la très légère baisse du nombre de dossiers déposés en 2012 de l’ordre de 0.6%» reste une nouvelle de bon augure.

Avec 488 dossiers déposés, l’Ariège reste au-dessus de la moyenne de Midi-Pyrénées mais en deçà du niveau constaté au niveau national.

D’autres réformes sont en cours de négociation qui proposent de compléter le «fameux FICP» (fichiers dits négatifs car ils retracent les incidents de paiement des particuliers) par un fichier «positif» qui détaillerait par le menu l’ensemble des dettes financières d’un individu.

L’objectif étant ainsi d’obliger les banques à s’assurer des capacités de remboursement préalablement à l’octroi d’un nouveau prêt. Pour l’heure on dispose d’une typologie assez fine de la typologie du surendettement.

L’Ariège dans la mouvance nationale mais quelques disparités demeurent
La première d’entre elles est la part des personnes seules. 61% des personnes en situation de surendettement sont seules (contre 64% au niveau national) et n’ayant pas de personnes à charge, dont une grande part dans la force de l’âge soit entre 35 et 54 ans.

Phénomène plus inquiétant, en Ariège notamment, la part des plus de 55 ans (27%) et des plus de 65 ans (12.5%) est de 4 points supérieure à cette même moyenne nationale.

Une situation que le directeur explique «par des retraites moins importantes et une solidarité descendante (vers les enfants, la famille,…) certainement plus élevée»

Par ailleurs, le surendettement concerne davantage les locataires, les ouvriers et les employés.

De manière générale, des ressources inférieures en Ariège sont à l’origine des situations de surendettement (80% des personnes surendettées gagnent mois de 2.000 euros par mois, 51% moins que le SMIC).

Des situations de plus ou moins grande précarité qui font que l’on a de plus en plus de mal à faire face aux charges courantes (loyer, électricité, eau… jusqu’à la cantine de l’école).

Les dettes financières (suite à l’accumulation d’un ou plusieurs prêts) pouvant en sus diminuer la capacité de remboursement.

Les accidents de la vie
Ce que Jean-Louis Chollet appelle pudiquement «les accidents de la vie» sont à l’origine de la plupart des cas de surendettement «hormis les cas -exceptionnels- de surendettement actif»

Séparation, divorce, ennuis plus ou moins graves de santé, accident de la route en sont les premiers facteurs.

L’endettement, l’incapacité à faire face naissent alors de situations personnelles déjà délicates.

Pour autant, Jean-Louis Chollet invite à réagir «lorsqu’on voit que l’on fait face à des difficultés qui deviennent insolubles»

Davantage de campagnes de sensibilisation traitent de ce thème. Les guichets de la Banque de France accueillent les personnes et les assistent dans leurs démarches. On peut également faire appel aux travailleurs sociaux.

Pour la suite, les cas de surendettement peuvent se régler à l’amiable via un plan d’étalement des dettes sur 8 années, être imposés par décision du juge aux créanciers ou se terminer par une procédure de rétablissement personnel équivalent d’une mise en liquidation judiciaire.

Les craintes de l’avenir et les incertitudes économiques expliquent selon l'Observatoire des crédits aux ménages, que le taux de détention des crédits (immobiliers et à la consommation) ne cesse de baisser depuis 2009 atteignant son niveau le plus bas en 2012.

S’il est encore trop tôt pour parler de «sortie de crise» combinée à une meilleure moralisation de banquiers peu regardants, qui expliqueraient ce léger reflux du surendettement, en Ariège notamment, les dernières données émanant de la Banque de France sont tout de même porteuses d’espoir d’embellie, même si ce phénomène «transitoire» semble s’être inscrit durablement dans le paysage.

Une note positive à bien mesurer toutefois «car ça n’arrive pas toujours qu’aux autres»

actualites Ariege
auteur: Sylvain Sastre | publié le: 21/02/2013 | 18:16 | Lu: 14851 fois