Un millier de manifestants contre «les accords du Medef» à Pamiers
05/03/2013 | 19:02
© MidiNews 2013
sur le même thème
social Accord national interprofessionnel avec le Medef: les syndicats dénoncent un «déni de démocratie sociale»

Le chant des partisans, revu et corrigé par «les motivés» de Zebda a résonné haut et fort ce matin à Pamiers, depuis le site de l’entreprise Aubert et Duval, Boulevard de la Libération.

De mémoire de syndicalistes, on n’avait vu depuis longtemps les représentants de FO et de la CGT marcher ainsi côte à côte.

1.800 personnes (selon les syndicats) dans les rues de Pamiers contre le projet de loi proposé par le Medef

500 personnes attendues selon la police, 1.800 dans les rues selon les organisateurs (un millier selon les sources de la préfecture), ont déambulé à l’appel d’une union syndicale de circonstance composée de représentants de la CGT, de FO, soutenus par la FSU ou encore de Solidaires contre l’accord conclu le 11 janvier dernier entre le Medef et trois syndicats dits minoritaires, la CFDT, la CFTC et la CGC, ainsi intitulé «un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés»

«C’est un projet de loi initié par l’UMP avec le Medef, juste retoiletté que s’apprête à reprendre l’actuel gouvernement» s’égosille Christophe Couderc.

Et de dénoncer cet accord national interprofessionnel (ANI), «minoritaire et scélérat», qui constitue selon les organisations syndicales présentes «une véritable régression sociale doublée d’un déni de démocratie sociale»

Elles s’opposent à un accord où «le gré à gré entre patrons et salariés remplacerait le Code du travail»

Une posture qui entraîne aussi les réserves de certains syndicats de magistrats et avocats, d’autant qu’elle se bâtit «sur une neutralisation des compétences des juges dans les instances judiciaires»

Un texte qui préconise entre autres qu’une entreprise soumise à de graves problèmes conjoncturels (cela dit quelles sont les entreprises qui n’en connaissent pas aujourd’hui serait-on tenté de relever) pourrait «réduire nos salaires à peau de chagrin ou augmenter le temps de travail, imposer la mobilité au sein d’un autre site même éloigné en cas de restructuration, etc.»

Sous prétexte de préserver l’emploi, les syndicats dénoncent la voie royale ainsi ouverte aux patrons «vers la pratique des licenciements automatiques, une véritable délinquance patronale qui institutionnalise la flexibilité», vilipendant au passage les accords compétitivité et un chantage à l’emploi sous-tendu dans ce texte où selon eux «il s’agit d’imposer surtout de nouveaux sacrifices aux salarié(e)s»

Le rapport de force face à la course contre la montre
Cet avant-projet de loi sera proposé au conseil des ministres de ce 6 mars puis devrait bénéficier d’une procédure accélérée afin d’être présenté au parlement d’ici la fin du mois.

Deux cents manifestations devaient se tenir un peu partout en France ce jour dont la plus importante à Paris. «Il ne faut pas désespérer et continuer à se battre» dira Christian Gaston pour FO.

«Les représentations syndicales se mobilisent pour tous ceux, salariés dans l’emploi, qui ne peuvent se déplacer et manifester simplement leurs inquiétudes»

De son côté, Christophe Couderc assure qu’il faut continuer à expliciter tous les travers et reculs que supposerait ce texte. «Vendredi à 15h nous serons reçus par l’attaché parlementaire de Jean-Pierre Bel et par nos députés Frédérique Massat et Alain Fauré»

Alors que l’aile gauche du PS est invitée très officiellement à taire ses réserves et à voter le texte de loi, devant ce que d’autres appellent «une réelle avancée sociale», il apparaît certain que de pédagogie il sera bien nécessaire, de part et d’autre.

«Alain Fauré, notre député, est l’un des tous premiers parlementaires signataires de l’appel des cents (paru récemment dans le JDD) pour ce qui est considéré comme une nouvelle démocratie sociale, en soutien au vote de ce texte de loi»

Il n’est pas sûr que le dialogue, social ou pas, s’établisse ce vendredi, même entre personnes du même territoire.

Le chant des partisans n’a pas fini de résonner.

actualites Ariege
auteur: Sylvain Sastre | publié le: 05/03/2013 | 19:02 | Lu: 18678 fois