«Contre la grande braderie des droits des salariés»: l'entrevue des syndicats avec les élus tourne court
08/03/2013 | 18:37
© MidiNews 2013

«Quand ils ont besoin de nous, ils savent où nous trouver, mais là…

Combien de salariés syndiqués leur ont pourtant donné leurs voix, ont voté pour un changement promis
»

Le mécontentement est grand sur le parvis du Conseil Général ce vendredi 8 mars, journée de la femme. 

A la suite de la manifestation du 5 mars dernier à Pamiers, qui a été l’une des plus importantes de Midi-Pyrénées, les organisations syndicales réunies contre le projet de loi (adopté ce 6 mars en conseil des ministres) sur les accords compétitivité – emploi proposé par le Médef, devaient rencontrer les élus, leurs élus, contre ce qu’il considère être «une grande braderie des droits des salariés»

Un «échange pour confronter les points de vue, expliciter les termes de cet accord controversé, programmé de longue date», avec l’assistant parlementaire de Jean-Pierre Bel, Frédérique Massat et Alain Fauré. 

Làs, suite à un «problème de correspondance d'avion, Alain Fauré a annoncé qu’il annulait sa venue, aussitôt suivi des deux autres représentants élus»

Prévenus en fin de matinée, les syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires ont maintenu le rassemblement prévu auquel se sont greffés environ 150 personnes selon les forces de police.

Une prise de parole commune exprimera le désappointement et la colère des syndicats présents appelant à poursuivre la mobilisation, tandis que retentissent les huées à l’annonce du désistement des parlementaires.

«C’est historique !» (cf. Christian Gaston évoquant cette fin de non-recevoir)
Christian Couderc de la CGT soulignera que de toute façon «les deux députés ont fait part de leur accord à ce projet d’ANI (pour accord national interprofessionnel) et accordent toute leur confiance au gouvernement envers ce projet de loi»

Et, une fois de plus le secrétaire départemental de la CGT de s’emporter en dénonçant «un déni de démocratie sociale doublé d’une régression sociale» arguant que les organisations syndicales présentes pèsent plus de «80% des salariés locaux», contrairement aux organisations syndicales signataires de l’accord et leur 39%

«Comment dans ces conditions parler de dialogue social», s’interroge-t-il. Surtout il juge le désistement des élus, «de nos représentants, cavalier», trouvant ce «comportement déplorable» il en fait aussi «une question de respect des engagements pris» 

Même son de cloche pour Guillaume Estalrich de la FSU qui concède candidement «nous avons simplement demandé une entrevue citoyenne avec nos élus, cela nous a été refusé, subitement», dira-t-il, faisant au passage allusion à la disparition récente de Stéphane Hessel, cet indigné qui invitait «à questionner les élus»

Sans crainte d’user de mots à forte charge symbolique Christian Gaston pour FO s’exclamera «c’est historique! C’est la première fois que nos élus ne nous reçoivent pas!»

Et de poursuivre: «qu’est-ce que ça va être pendant les 5 ans à venir !»

Les représentants syndicaux sont unanimes «c’est un refus manifeste de dialogue social constructif. Que vont penser les salariés de leurs élus ?»

Alors à défaut que les élus viennent à eux et pas démontés pour autant, «le combat continue», les manifestants rassemblés devant le Conseil Général, grimpent les marches et investissent, sans heurts, couloirs et étages de l’Hôtel du Département pour aller à la rencontre de leurs élus aux cris de «ce lieu est à nous aussi !»

Prochaine étape «opération escargot, direction le CHIVA où là Alain Fauré a confirmé sa visite, programmée elle aussi de longue date à 16 heures»

Une opération qui devait se poursuivre tout au long de l’après-midi.

«On a des choses à se dire, nous aurons notre confrontation avec nos élus», entend-on encore, sous les yeux songeurs des représentants de la Sotap-Caroll.

Finalement rattrappé par les manifestants qui l'ont accueilli fraichement sur le parking du CHIVA où il allait rencontrer les urgentistes à 16h, le député Alain Fauré a écouté leurs doléances, sans pouvoir toutefois leur apporter des réponses satisfaisantes, selon l'intersyndicale, à qui le député a laissé entendre qu'il rencontrerait très prochainement les représentants syndicaux ariégeois, pour qui le combat continue donc.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 08/03/2013 | 18:37 | Lu: 24393 fois