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Clap de fin pour la Sotap-Carol, le tribunal de commerce de Foix prononce la liquidation judiciaire
18/03/2013 | 21:03
© MidiNews 2013
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économie Les salariés de la Sotap-Carol maintiennent la pression pour récupérer des conditions de départ relativement dignes

Arrivés en cortège de leurs usines de Villeneuve d’Olmes et Montferrier, de nombreux salariés de l’entreprise textile Sotap-Carol ont entendu la dure vérité de la bouche de leur représentant du personnel.

«Ce qu’on pensait à 99% est là» observe Philippe Kerner. La liquidation judiciaire vient d’être prononcée quelques minutes auparavant par les juges du tribunal de commerce de Foix.

«Il est temps que ça se termine, tout le monde est usé surtout pour en arriver à une liquidation» peste l’homme.

C’est un grand rassemblement devant le tribunal de commerce orchestré par le syndicat CGT. De nombreux drapeaux flottent, la musique tourne à fond et les salariés font du bruit pour ne pas en rester là. «Dernier repreneur de la Sotap: Pôle Emploi» peut-on lire sur une banderole qu’exhibent deux anciens salariés.

Parmi les quelques élus du pays d’Olmes présents pour les derniers instants de l’une des dernières entreprises textiles de ce territoire, Marc Sanchez, maire de Lavelanet, Gérald Sgobo, maire de Villeneuve d’Olmes, Kamel Chibli, conseiller municipal à Lavelanet et Francis Galy adjoint à la mairie de Montferrier.

«L’innovation n’a pas suffi à remplir les carnets de commandes. Peut-être que les salariés se sont sentis un peu seuls mais nous avons travaillé avec le repreneur et les frères Pouchodon pour trouver une solution. C’est une journée supplémentaire et dramatique pour le pays d’Olmes, encore un coup très dur à absorber. L’industrie textile y a montré ses limites» évoque en tant que président de la communauté de communes Marc Sanchez.

«Je suis là en tant que maire mais aussi en tant que citoyen et administré. Le pays d’Olmes a longtemps été le grenier de l’Ariège, sa réussite a profité à tout le département et j’aimerais bien aujourd’hui un retour de manivelle. Mais je doute qu’il arrive. Maintenant je me pose des questions pour le maintien de services minimum sur ma commune car en terme de foncier et de friche industrielle, c’est un coup dur» développe Gérald Sgobo, maire de Villeneuve d’Olmes.

Pour les salariés, il est temps de mettre en place l’après Sotap
«C’est un désastre au niveau de l’économie locale. Il va falloir que ça aille beaucoup plus vite car notre patience a des limites. On souhaite obtenir le maximum pour qu’on sorte de ce moment pénible avec le plus d’accompagnement» a lancé Philippe Kerner.

«Ce sont 90 familles qui vont souffrir. Je regrette qu’on n'ait pas trouvé de solution alors qu’on a un outil remarquable dont on a besoin au niveau national. Est-ce qu’on a fait tout ce qu’il fallait ?» s’interroge Marc Sanchez.

L’élu voit une nouvelle friche industrielle apparaître et se demande si un peu de protectionnisme n’aurait pas pu aider l’entreprise. «Il est dommage qu’on ne favorise pas la production française, il aurait peut-être fallu un marché d’Etat» analyse-t-il.

Après la décision du tribunal, dans un même élan, les salariés ont effectué quelques pas vers la préfecture de l’Ariège. Trois personnes, dont deux de la CGT, ont été reçues par Brigitte Cariven, directrice de cabinet du préfet.

Malgré cette liquidation, les actions vont se poursuivre pour mettre en lumière la situation de toutes ces personnes licenciées.

Ainsi, demain mardi, se déroulera une assemblée générale dans les locaux de l’entreprise. Mercredi, c’est un comité d’entreprise qui prendra la forme d’une table ronde.

«Maintenant, on veut des réponses rapides et on tapera à la bonne porte. Il nous faut mettre en place l’après Sotap. En tout cas, on restera sur le site tant qu’on n'aura pas obtenu ce que l’on veut. Croyez-moi, on va se faire entendre» prévient Philippe Kerner, représentant du personnel.

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Fontanet | publié le: 18/03/2013 | 21:03 | Lu: 27940 fois