L’assemble générale du l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) de l’Ariège a eu lieu ce lundi à Mirepoix.
Un moment important où les professionnels font un point annuel sur le métier, son évolution, ses difficultés.
Pour Bernard Garcia, dynamique président de ce syndicat qui compte plus de 170 adhérents, également une manière de lancer un cri d’alarme à l’encontre des institutions car pour lui «on va vers une disparition programmée de la petite hôtellerie, des bistrots de village et des petits restaurants. C’est la première fois que l’hébergement non marchand passe devant l’hébergement marchand en terme de fréquentation.
Certes nous sommes confrontés à des tas de choses comme l’érosion de nos marges, les changements de comportement de notre clientèle en quête de bons plans pour se loger à moindre coût, via des plateformes communautaires, mais et en parallèle nous devons supporter une forte augmentation de la fiscalité (impôt foncier des entreprises, TVA qui va gagner 3 points supplémentaires, etc.).
Autant de raisons pour nous rendre de moins en moins compétitifs. Et à côté de cela une exigence de mise aux normes qui dépasse les limites du supportable… on se tire vraiment une balle dans le pied»
Et pour illustrer ses propos, Bernard Garcia n’est pas avare d’exemples. Concernant la mise aux normes handicapés pour 2015, et ce malgré le brillant exposé de Marika Repond de le CCI, le président de l’UMIH dénonce une règlementation «dogmatique» qui ne tient pas compte de la taille de l’établissement, ni de l’environnement économique:
«Pour la seule place des Couverts de Mirepoix, croyez-vous judicieux que l’on ait entre 30 à 40 WC handicapé alors que cette population est tout de même et heureusement moins nombreuse que les visiteurs valides?
Il faut faire preuve de pragmatisme et de bon sens en équipant sur un tel périmètre 2 ou 3 établissements… je suis sûr qu’il y a des solutions intelligentes à trouver car on ne peut pas imposer à des entreprises aussi modestes que les nôtres de tels investissements»
Dans la foulée au cours de son intervention, Bernard Garcia a souligné que la France, selon le dernier rapport du Forum Economique Mondial, avait perdu sa place de leader des destinations touristiques passant à la 7e place.
Selon lui, la faute «à nos dirigeants, alors que ce secteur est le 1er en terme de rentrées de devises, loin devant l’automobile et l’agriculture, soit 7% du PIB […]
Nous sommes essentiellement en retard de compétitivité à cause des charges fiscales et sociales plus élevées que nos voisins, cela oblige les entreprises à monter leurs prix, nous sommes de moins en moins compétitifs»
Fiscalité galopante, obligation de mises au normes au coût faramineux… autant de paramètres qui entament le moral des professionnels du tourisme
«Sans paraphraser Gérard Depardieu, la France est devenue triste alors que nous sommes une industrie de loisirs et de plaisirs. Aujourd’hui nous n’allons plus avoir les moyens d’offrir cela. Si on ne devient pas attractifs c’est la catastrophe. Alors que nous sommes la première industrie du pays qui représente 7% du PIB, première source d’emploi»
Enfin, le président départemental de l’UMIH dénonce les lieux communs: «on nous dit que le parc français a gagné 4600 chambres mais ce sont celles des chaînes intégrées dans des centres urbains de plus de 200 000 habitants… ce qu’on oublie de dire c’est que plus de 4 400 chambres ont été perdues en milieu rural.
Les causes de ce cataclysme sont simples: ce sont des établissements vieillissants qui peinent à dégager des marges de manœuvre pour réinvestir dans la rénovation ou la mise aux normes. Ne trouvant pas de repreneurs, les propriétaires préfèrent prendre leur retraite»
Enfin, Bernard Garcia a conclu la réunion en mettant en avant les atouts du département de l’Ariège: «un territoire authentique, des professionnels dynamiques, un syndicat qui se veut être un facilitateur visant à promouvoir un certain nombre d’actions comme la Georgette d’Or dont la seconde édition aura lieu au Mas d’Azil, la promotion d’Ax les Thermes, des stations de sports d’hiver qui affichent une très belle saison…
Nous sommes des animateurs du territoire et je suis persuadé qu’il faudrait subventionner les cafés dans le monde rural pour la vie qu’ils amènent… tous ensemble nous devons être conscients de la fragilité de cet équilibre dans le monde rural»
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