Depuis quelques jours et la parution d’un article du Monde évoquant la suppression de quelques 70 sous-préfectures au niveau national, les couloirs de ces lieux symboles de la présence de l’état dans les territoires, bruissent des plus folles rumeurs.
Alors, comme le démontre souvent l’adage mieux vaut prévenir que guérir, l’UNSA, deuxième organisation syndicale représentative des personnels des préfectures, entend afficher sa détermination.
«Un dossier brûlant», selon Paul Alfonso et Antoine Loguillard représentant l’organisme syndical au niveau national et en Ariège, «pour le Ministère de l’intérieur qui doit prendre une position définitive sur le sujet d’ici la fin du mois de mars, début avril» sur la base du rapport déposé sur le bureau de Manuel Valls.
«On est incapables de dire combien de sous-préfectures vont fermer, probablement une cinquantaine au niveau national» avance Paul Alfonso, «d’autant que certaines qui ont déjà peu de moyens humains vont y être contraintes»
«Une cartographie qui n’a pas évolué depuis 1926»
Pour eux, la piste qui semble se dessiner pour l’Ariège serait «un jumelage des sous-préfectures de Pamiers et de Saint-Girons […] l’économie ainsi réalisée ne se baserait pas sur les bâtiments, de toute façon mis gracieusement à disposition par le Conseil général, mais sur la diminution des personnels administratifs (mais peu sont atteints par la limite d’âge), et surtout techniques»
A l’image des TOS (personnels techniciens, ouvriers et de service) dans l’éducation nationale, est même évoquée la piste d’un «rattachement d’un personnel technique commun aux deux sous-préfectures, sous l’autorité fonctionnelle du Conseil général, voire même des collectivités locales»
En clair, il y aurait deux bâtiments accueillant les services de la sous-préfecture (à Pamiers et à Saint-Girons) mais plus qu’un seul sous-préfet, «faisant la navette entre les deux»
Le positionnement de la sous-préfecture de Foix qui assume aussi le rôle de secrétariat général semblerait, lui, devoir se maintenir dans ce seul rôle. «Avant, chaque sous-préfecture avait 15 personnes, aujourd’hui à Pamiers comme à Saint-Girons ils ne sont plus que 6» regrettent les deux syndicalistes, qui voient là «une dégradation de ce service public»
Par ailleurs, Paul Alfonso précise que les missions rendues seraient sensiblement aménagées. Dans le droit fil des préconisations des directives nationales d’orientation, «fini l’accueil du public, les sous-préfectures auraient essentiellement un rôle de conseil, d’accompagnement et d’ingénierie auprès des élus et des communes, réunies dans un socle commun propre à chacune et des missions spécifiques en fonction de la typologie du territoire (rural, urbain, péri-urbain etc.)»
Paul Alfonso tout comme Antoine Loguillard conviennent qu’il y a nécessairement des évolutions dont il faut tenir compte puisque l’organisation territoriale encore en vigueur aujourd’hui date de 1926.
Ils se disent prêts à tout échange, «on est responsables et pragmatiques, on n’est pas opposés à une réorganisation mais nous mettrons notre véto à toute fermeture car il faut continuer d’assurer la présence de l’Etat»
Regrettant la faible implication des élus sur ce sujet, ils n’hésitent pas à évoquer «les actions qui seraient entreprises» s’ils devaient ne pas être entendus par les décideurs parisiens.
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