Des mètres de tissus déroulés au sol dans la rue du Préfet Erignac barrée par les forces de l’ordre.
La musique et le grand barnum de la CGT était là mais le cœur n’y était déjà plus pour les quelques ex-salariés de l’entreprise Sotap-Carol dont la cessation d’activité a été prononcée lundi au tribunal de Commerce.
Après des mois de lutte, entre espérances et faux-espoirs, entre blocages, tractages et occupations d’usines, ils attendaient beaucoup de cette table ronde avec Salvador Pérez, préfet de l’Ariège et ses services.
Philippe Kerner, représentant du personnel, évoquait encore hier «les moyens extraordinaires qui doivent être mis en place pour l’accompagnement des salariés»
Ce matin malgré le bruit et la musique, les visages étaient fermés. Francis à l’instar de ses camarades faisait les cent pas devant la préfecture en attendant que la délégation ressorte de cette table ronde avec du neuf.
«Je suis rentré à la Sotap à l’âge de 17 ans et demi, exactement le 9 juin 1980, je venais tout juste de terminer mes études de comptabilité. Je suis passé par de nombreuses étapes au sein de l’entreprises jusqu’à aujourd’hui où l’on est dans la rue ou pas loin»
Quand on lui demande ce qu’il attend de cette réunion, il est clair: «j’attends que notre travail soit reconnu financièrement. Je suis conscient que l’après Sotap sera difficile car la page du textile est tournée en Pays d’Olmes. C’est d’autant plus difficile pour nous d’ouvrir les yeux car le textile c’était notre seul univers»
Après près de deux heure d’entretien, Didier Mézin de l’UD CGT et Philippe Kerner ont pris la parole, reconnaissant qu’il n’y aurait pas les moyens exceptionnels espérés, ni la cellule de reclassement tant attendue, seulement un CSP (contrat de sécurisation professionnelle) renforcé et une commission de suivi, de pilotage où les représentants du personnel et des syndicats seront représentés.
En aparté et face à la frustration suscitée par leurs annonces, ils ont avoué que le compte n’y était pas, ils comptent sur les élus et notamment sur Jean-Pierre Bel pour trouver une enveloppe supplémentaire: «il doit nous rencontrer ce week-end !»
Pour Didier Mézin, «il n’y a pas de quoi sauter au plafond mais ce n’est pas complètement négatif»
«Le préfet a fait son job, il a donné le maximum avec les aides de l’Etat au niveau de l’accompagnement […] dans le cadre du CSP les dossiers seront examinés au cas par cas mais il faut interpeller les élus au plus vite car nous ne souhaitons pas en rester là. Une AG aura lieu tout à l’heure à l’usine et on prendra ensemble les décisions» conclut Philippe Kernel.
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