Que se passe-t-il dans l’antre de la finance? Tout au moins de la vénérable succursale fuxéenne de la Banque de France.
Fait assez rare pour être signalé: les locaux de la Banque de France étaient fermés ce mercredi pour cause de grève de l’intégralité du personnel.
Jacques Bardou, délégué du personnel, se fait l’écho du malaise de ses collègues et précise d’entrée de jeu: «c’est une opération de l’ensemble du personnel, nous ne sommes pas syndiqués, seuls deux d’entre nous le sont»
En cause: le projet de modernisation du réseau des Banques de France à l’horizon 2016-2020 défendu par Christian Noyer, l’actuel Gouverneur de la Banque.
«Nous étions 28 employés en 2001 lorsqu’il y a eu un premier plan. Là, nous avons perdu notamment nos activités fiduciaires malgré d’importants (et coûteux) travaux de mise aux normes, centralisées depuis sur Toulouse. Suite à trois départs à la retraite non remplacés en 2012 nous ne sommes plus que 11 employés sur le site aujourd’hui»
Et le délégué du personnel de poursuivre: «nous ne serons plus que quatre si le projet de modernisation tel qu’il est présenté est mis en œuvre»
Ce sont ces onze salariés qui sont en grève, tous présents aujourd’hui pour tenter de faire la lumière sur leurs inquiétudes et relayés notamment par Bernard Bauza, délégué syndical CGT, élu au CE de Midi-Pyrénées.
«Nous ne sommes pas écoutés. Ils ne se rendent pas compte»
Si elle a perdu l’activité fiduciaire (réception et transferts de fonds, activités de change), la succursale de la Banque de France à Foix conserve à ce jour deux champs d’activité principaux. Vers les entreprises (au travers notamment de la médiation du crédit) et surtout vers les particuliers (avec la gestion et le traitement des dossiers de surendettement).
«Nous avons perdu 60% de nos effectifs pour traiter les dossiers de surendettement tandis que dans le même temps, du fait de la conjoncture, la charge de travail s’est accrue de près de 10%» dénoncent M. Bardou et ses collègues.
De fait au niveau national, le plan proposé par M. Noyer prévoit au travers de cette réorganisation des succursales départementales, une réduction d’effectifs de près de 2.500 personnes. La presse nationale s’est elle-même fait écho de la suppression possible d’un certain nombre de succursales départementales.
«Nous ne sommes pas opposés à des réorganisations pour optimiser le fonctionnement, avancent les représentants du personnel, nous avons nous-mêmes à plusieurs reprises souhaité réaliser des économies de structures puisque nous avons sur place 1.500 m² de locaux inutilisés et chauffés. On nous répond par des économies de personnels qui sont préjudiciables à la qualité du service»
Ce que dénoncent principalement les salariés, expressément dans le cas du traitement des dossiers de surendettement, est la déshumanisation d’une démarche déjà en soi suffisamment délicate à mener pour les personnes concernées.
«Nous allons être une coquille vide. Les gens viendront simplement déposer leurs dossiers; un traitement de masse sera ensuite localisé dans un grand pôle régional sur Toulouse. L’approche humaine, essentielle, est totalement ignorée surtout auprès d’un public souvent fragilisé qui ne pourra de plus pas forcément se déplacer sur Toulouse. On perd la notion d’une véritable mission de service public de proximité dans des zones rurales comme la nôtre»
Cette réorganisation doit concerner les neufs structures départementales. Pour les salariés, à terme, c’est le maintien même de la succursale fuxéenne qui est remis en question.
«Nous avons l’impression de ne pas être écoutés. Ils ne se rendent pas compte depuis leurs bureaux parisiens» dira cette employée dénonçant «la pression imposée et la recherche de compétitivité avant tout»
«Il y a de grandes annonces pour l’emploi mais concrètement ils font l’inverse en délocalisant des emplois sur un grand centre toulousain» s’insurgent les salariés de la succursale départementale, qui citent l’exemple de l’antenne de Saint-Gaudens «ouverte seulement 1 jour par semaine par une personne venue de Toulouse»
Pour l’heure, les représentants des salariés vont être reçus par leur directeur régional, Patrick Berger. «Nous allons lui demander de débloquer les mesures de non-remplacement, qu’il nous donne les moyens d’exercer nos missions dans des conditions correctes, mais nous n’avons pas trop d’espoirs»
Ensuite, «si on a l’impression de ne pas être entendus il n’est pas impossible qu’on embraye sur des actions plus fortes» avance Bernard Bauza.
Un projet alternatif déposé au niveau national par l’intersyndicale existe, «nous passerons par la procédure légale via le CCE (comité central d’entreprise) pour faire valoir nos demandes»
Les salariés verraient bien Foix être le point de départ de revendications nationales sur cette problématique. La balle est dans le camp des décideurs, affaire à suivre…
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