Le marché de l’immobilier est traditionnellement un bon indicateur de la vitalité économique d’un territoire, que ce soit au plan national comme à l’échelle départementale ou encore infra-départementale.
Aussi la présentation devant la presse des grandes tendances de l’immobilier en Ariège sur l’année 2012 par Bruno Barbe, délégué à la communication de la chambre interdépartementale des Notaires, reste un évènement pour prendre le pouls de la santé du territoire.
Un diagnostic sans détour, «ça n’a pas été l’annus horribilis redoutée… mais ça a failli y ressembler»
Prenant appui sur la toute nouvelle base de données «Min.not» agrégeant les informations fournies par les 18 offices ariégeois (soit une trentaine de notaires), Bruno Barbe revient sur les principaux enseignements de l’année en précisant par ailleurs que, autre nouveauté, les prix médians ont été retenus plutôt que les prix moyens.
Une fracture entre rural et urbain mais aussi le long de la RN20
Globalement on constate une baisse du volume des transactions comme des prix. Pour les maisons anciennes (soit + de 5 ans), «le cœur du marché, la baisse s’établit à 12% en volume, ce n’est pas si dramatique et cela se situe dans le contexte de crise ambiant dans la moyenne observée au plan régional ou national» explique le notaire.
Par ailleurs, toujours en volume, «les transactions sur les appartements anciens ont grimpé de 43% […] tandis que les ventes de terrain à bâtir ont dégringolé de près de 42%»
Pour le notaire, il s’agit de toute évidence «d’un transfert de projet d’acquisition, toujours expliqué par la conjoncture, qui pousse majoritairement les primo-accédants à reporter leurs achats sur un appartement plutôt qu’une maison» en attendant des jours meilleurs pour passer un autre cap.
Globalement sur les quelques 2.000 transactions effectuées sur l’année, les prix, quelle que soit la nature du bien, sont orientés à la baisse (sur une période de 5 ans) mais de façon peu significative même si une accélération (de la baisse) s’observe sur un an.
Sur le long terme (dix ans), la pierre reste toujours une valeur sûre avec respectivement 62%, 86% et 52% de hausse pour les appartements et les maisons (dans l’ancien) ainsi que les terrains à bâtir.
Les appartements de deux pièces, les maisons de 4 pièces sont les biens les plus recherchés dans chaque catégorie.
Si globalement le secteur s’en sort finalement moins mal que craint en début de période, il n’en demeure pas moins vrai qu’une ligne de partage «une fracture» semble clairement s’établir, «la situation se radicalise»
Avec un prix médian à hauteur de 300 K€ sur Toulouse, un Haut-Garonnais souhaitant s’installer en Ariège pourrait s’offrir deux maisons en Basse-Ariège ou en Haute-Ariège et même pratiquement quatre sur le Pays d’Olmes.
«Les prix sont tirés vers le haut sur Toulouse et dans les secteurs limitrophes, constate le notaire, même s’il y a crise il n’y a pas eu de réajustements significatifs tirant les prix vers le bas car la demande reste forte»
Une situation qui s’explique par le chiffre toujours impressionnant de nouveaux arrivants sur la capitale «qui attire 12.000 personnes de plus tous les ans et renforce le décalage entre les personnes qui ont un budget de l’ordre de 450 K€ et peuvent acheter tout type de biens n’importe où en France et ceux qui se situent nettement en dessous de 250 K€»
Petite consolation tout de même, les maisons vendues en Ariège possèdent un terrain deux fois plus important qu’en Haute-Garonne.
Cette fracture reste manifeste au niveau départemental avec un axe RN20 qui reste particulièrement attractif et valorisé (la Haute-Ariège représente 24% des ventes et le prix médian y est de 129 K€ pour les maisons par exemple) à contrario du Pays d’Olmes et du secteur lavelanétien (17% des ventes avec un prix médian de 83 K€).
Ce dernier connaît d’ailleurs un taux de rotation particulièrement élevé qui se situe à 4,5 ans contre 7 en moyenne nationale. Un secteur où l’on accède à un bien que l’on retape en vue de le revendre rapidement et se constituer un capital suffisant pour «faire la bascule» sur un bien plus important, ailleurs.
Le Couserans lui, se maintient avec près de 30% des volumes de ventes et un prix médian qui s’affiche à 105 K€.
Pour les années à venir, Bruno Barbe considère que «la situation reste anxiogène avec des difficultés s’accumulant. Le marché devrait rester atone d’autant qu’actuellement la fiscalité des plus-values reste défavorable tandis que le prêt à taux zéro qui ne s’applique désormais que pour les programmes neufs concernent donc moins le territoire ariégeois, où il y en a peu»
A priori peu d’embellies sont à attendre sur le marché de l’immobilier en 2013, à moins que le discours tant attendu du président de tous les Français ne réussisse le tour de force de redonner cet autre élément vital pour la bonne marche de l’économie: la confiance.
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