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Plan d'urgence en faveur du bâtiment: bien mais peut mieux faire, tel est le sentiment partagé en Ariège
29/03/2013 | 18:50
© MidiNews (archives) - Flippo

«Nous subissons une crise sans précèdent» clame Pierre Bouche, secrétaire général de la chambre de Métiers.

«La crise qui s’est installée est sans commune mesure avec celle qu’ont connue nos parents» renchérit de son côté Jean-Michel Vivancos en lieu et place de son Président Gérard Centenero, souffrant. Pour cet administrateur de la FBTP de l’Ariège à la tête d’une entreprise du bâtiment à Laroque d’Olmes, de père en fils, «cette crise s’est installée et on sait qu’elle va encore durer»

Parallèlement, la communication des chiffres 2012 sur les transactions immobilières en Ariège qui fait état d’une baisse des ventes des maisons individuelles et des terrains à bâtir (voir notre article du 28/03/2013), tant en volume qu’en valeur, n’incite pas à l’optimisme.

D’autant qu’une récente étude de conjoncture réalisée par la Banque de France fait état pour la région Midi-Pyrénées d’une crise qui s’étend au secteur du second œuvre, un phénomène renforcé en Ariège.

De fait les chiffres avancés par la fédération départementale de l’Ariège font état d’une augmentation de 6 %des défaillances d’entreprises sur la région Midi-Pyrénées.

Des créations d’entreprises se sont maintenues mais 45 % d’entre elles sont réalisées sous le statut de l’auto-entrepreneur.

Parallèlement, les effectifs salariés en Ariège de 2.647 dans le secteur, ont chuté de 2 % et l’intérim de 21 %. Le département a perdu 540 emplois depuis le début de la crise en 2008. Et, en l’état actuel des choses, les perspectives sombres au niveau national pour 2013 avec un recul de l’activité de 3,5  % et une perte de 40.000 emplois auront à n’en pas douter des répercussions peu réjouissantes au niveau ariégeois.

Aussi, la prise de conscience au plus haut sommet de l’état d’une urgence à enrayer la crise qui touche le secteur, pour soutenir l’emploi, et ce sans attendre «le grand plan» en faveur du logement en gestation chez la ministre, s’est traduite par une série de mesures au travers d’un plan d’urgence intégré dans la prochaine loi de finances, évidemment attendues avec espoir y compris au pied des Pyrénées. Des initiatives saluées par les intervenants du secteur au sein des confédérations nationales.

Ce plan prévoit une batterie de 20 mesures dont les plus importantes concernent une TVA ramenée à 5% en 2014 sur la construction de logements sociaux, la limitation des recours contre les permis de construire, une subvention de 1.350 euros pour certains travaux de rénovation en particulier dans le cadre de rénovation énergétique.

«Cela va dans le bon sens, mais le compte n’y est pas»
En Ariège aussi, «toutes mesures pour améliorer la situation ne peuvent qu’être perçues de manière favorables, cela va dans le bons sens» rajoute M. Vivancos.

«Ce sont des mesures positives» confirme à son tour Joseph Calvi, président de la chambre des métiers et surtout de la CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment).

«Pour autant, estime Jean-Michel Vivancos, les mesures prises en faveur du logement social et du thermique vont surtout concerner les grosses entreprises, d’autant que celles-ci plus solides financièrement que les artisans peuvent s’aligner sur les marchés publics même les plus petits en cette période de crise en acceptant de perdre ou de gagner moins d’argent. Seules des mesures en faveur de la rénovation peuvent nous tirer d’affaire»

Un plan d’urgence donc qui concernerait dans une moindre mesure les petites entreprises artisanales du bâtiment dont est surtout constitué le marché ariégeois. «De note côté nous allons surtout être très attentifs à la TVA sur la l’entretien-rénovation»

Or, effectivement, passée de 5.5% à 7% cette TVA est censée grimper à 10% en 2014. «Au niveau régional, comme au national, poursuit M. Vivancos, nous allons maintenir la pression pour qu’elle soit ramenée autour de 5%»

Un pronostic partagé par Joseph Calvi: «ces mesures ne vont pas impacter sur l’activité des artisans du bâtiment mais sur les grosses entreprises». Et de plaider à son tour «pour que la TVA sur l’ensemble des travaux de restauration soit ramenée à 5%»

Dans le collimateur du président de la CAPEB, figure également le régime des auto-entrepreneurs sur lequel une étude est en cours. Pour lui, «ce régime exclu du champ de la TVA doit être mieux encadré pour éviter toute distorsion de concurrence». Il évoque même la possibilité de «sortir le bâtiment du champ de l’auto-entreprenariat»

Chambre de métiers, CAPEB, fédération du bâtiment, même son de cloche: «le compte n’y est pas… et le combat continue»

Le choc de confiance voulu par le président au travers de ces mesures d’urgence s’apparente pour l’heure à un timide soubresaut, insuffisant compte-tenu des particularités notables au pied des Pyrénées.

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auteur: Sylvain Sastre | publié le: 29/03/2013 | 18:50 | Lu: 14890 fois