La pression des ex-salariés de la Sotap commence à porter ses fruits.
On a appris ce vendredi que Jean-Pierre Bel, président du Sénat, avait obtenu de Michel Sapin, ministre du travail, la mise en place d’une cellule de reclassement d’une durée de 12 mois en Pays d’Olmes pour l’accompagnement des salariés licenciés de l’entreprise Sotap Carol.
«C’est une première étape, indique Philippe Kerner, délégué du Personnel face aux salariés réunis en assemblée en début d’après-midi. Nous avons réussi à avoir la SODIE qui a déjà fait ses preuves en matière de reconversion des salariés du textile.
Il est vrai que le bassin de Lavelanet avec 24% de chômage est en souffrance, il faut se donner les moyens de rebondir. Un comité de pilotage se réunira dès le 4 avril afin de mettre en place l’ensemble de ce dispositif»
Pour autant la mobilisation se poursuit car les ex-salariés et leurs représentants syndicaux attendent une réponse sur les indemnités supra-légales, les limites d’âge, les mutuelles… et tout cela est loin d’être acté.
«Je suis en relation avec l’attaché parlementaire de Jean-Pierre Bel, je lui ai parlé de vos situations familiales compliquées, de votre détresse psychologique et de la nécessité de faire aboutir rapidement ces négociations» poursuit Philippe Kerner devant les 88 salariés licenciés.
«L’usine c’est un peu notre trésor de guerre, nous sommes là jusqu’à la mi-avril, date à laquelle on viendra poser les scellés… d’ici là tout peut arriver»
D’autant que cette semaine a été riche en rebondissements. En effet mercredi les ex de la Sotap ont appris que l’homme d’affaire Karim Tazi, patron du groupe Holfipar qui détient la Société Nouvelle Avelana spécialisée dans le négoce textile, a visité l’usine Mélina à Villeneuve d’Olmes, la dernière usine textile spécialisée en teinture et ennoblissement.
Les représentants du personnel se sont invités à la réunion qui a suivi. L’homme d’affaire d’origine marocaine à indiqué ouvertement qu’il était intéressé par cette unité de teinture et d’anoblissement, présentant Henri Pouchodon, ex-responsable de la Sotap comme son homme de confiance.
Karim Tazi aurait affirmé à Philippe Kerner qui l’interrogeait sur ses intentions en direction de la Sotap que l’impression textile (une spécialité de la Sotap) ne l’intéressait pas. «Il nous a clairement dit qu’il était là pour faire du business et pas de l’employabilité et nous pensons qu’Henri Pouchodon sera un appui pour décrocher les marchés publics en France et Mélina serait dédiée à faire tourner son activité au Maroc»
Pour Frédéric, ex-salarié: «nous ne sommes pas contre ce plan B s’il permet d’embaucher et de faire tourner l’industrie locale»
Par contre, lui et ses compagnons d’infortune ont promis «de veiller à ne pas laisser utiliser l’argent public pour enrichir les anciens dirigeants de la Sotap, comme cela a été fait par les frères Pouchodon qui avant de partir ont laissé une ardoise de 8,7 M de dettes»
Concernant l’entreprise Mélina, les délégués CGT se sont montrés sceptiques: «de 240 salariés, ils sont passés à 130 il y a trois ans et ils ne sont aujourd’hui qu’une trentaine.
De plus ils arrivent dans quelques semaines à la fin de leur plan de sauvegarde, le contrat d’alimentation du groupe Carreman (les nouveaux actionnaires sont d’anciens salariés du groupe tarnais) qui leur assurait des milliers de mètres de tissus chaque année, arrive à terme en mai 2013. Leur situation n’est pas des plus confortables»
Et c’est symboliquement après cette réunion que les ex-salariés de la Sotap ont traversé les rues du village pour porter leurs CV à Martin Foglierini, directeur de l’entreprise Mélina, située à l’entrée de la commune de Villeneuve d’Olmes.
Concernant le rapprochement envisagé avec Karim Tazi, le jeune chef d’entreprise a indiqué: «il est bien réel mais là encore rien n’est acté […] On ne va pas se mentir, actuellement nous sommes dans une logique de sauvegarde de l’emploi et malheureusement l’embauche n’est pas à l’ordre du jour»
Concernant Henri Pouchodon: «on n’est pas dans les choses concrètes, rien n’est fait. Henri Pouchodon en tant que donneur d’ordre avait les tenants et les aboutissants de ces marchés. Plutôt que de les voir partir en Italie ou au Maroc, il m’a mis en relation pour qu’ils restent en Pays d’Olmes, c’est plutôt une démarche positive… Aujourd’hui je comprends votre désarroi mais je ne peux rien faire, si je pouvais embaucher, je le ferais avec plaisir»
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