C’est avec le slogan «No pasaran» que Jacques Gomes, CGT Chiva, a accueilli le tout nouveau directeur Michel Thiriet face aux manifestants rassemblés devant l’établissement.
C’est dans un esprit de dialogue que ce même directeur a fait la démarche de venir rencontrer les grévistes. «Il y a des attentes anciennes qui peuvent être résolues assez rapidement. Pour d’autres, ça prendra peut-être un peu plus de temps car il nous faudra aussi vérifier la pertinence des demandes et ensuite assurer les moyens qui permettent d’améliorer les choses» s’est exprimé le directeur du Chiva.
«Eux ils comptent en chiffres, nous on compte avec notre fatigue !» s’emporte Marie-Jo Maestre, aide-soignante aux urgences. «Cela fait des années qu’on vit cette situation, là ça devient critique» ajoute-t-elle.
Ce mouvement social cherche à marquer le ras le bol général qui s’est installé au sein de tous les services du Chiva depuis quelques temps.
Les modifications à la tête du centre depuis plusieurs mois sont certainement sources de frustration et de manque de communication et d’écoute. «Les gens ne sont pas écoutés et au bout d’un moment, ça souffre parce que c’est nous qui faisons fonctionner l’hôpital et qu’on veut le conserver» insiste Véronique Camillerie, infirmière spécialisée de bloc opératoire. Dans son service, ce sont les allongements de planning qui ne passent pas.
«L’hôpital est par définition une organisation extrêmement complexe. Face à cela, il y a aussi une transformation des attentes des patients et aussi une transformation des techniques médicales qui supposent que les opérateurs eux-mêmes soient en situation de modifier soit leur pratique, soit leur manière de fonctionner, soit l’organisation de leur travail.
Et c’est là que ça devient compliqué car quand on est en période de tension, il y a parfois des attitudes qui ne sont pas pour modifier l’organisation» assure Michel Thiriet.
«Les seuls messages que l’on reçoit, c’est que nous ne sommes pas assez organisés mais comment faire mieux avec moins de bras? On en est au point de mettre à mal toute la chaîne hospitalière. Aujourd’hui, tous les services sont là parce qu’ils souffrent tous soit d’un manque d’effectif soit d’un manque d’organisation» explique Marie-Jo Maestre.
Le directeur en appelle à un certain patriotisme ariégeois
Au-delà de son déficit d’un peu plus de 3 millions d’euros, l’hôpital public doit gérer un taux de fuite particulièrement élevé. En effet, 50% des Ariégeois qui pourraient être traités en Ariège décident de se soigner dans d’autres départements, particulièrement en Haute-Garonne.
«On a parfois une situation un peu paradoxale. A la fois, les gens sont très en attente d’avoir un centre hospitalier public de proximité et parfois on n’a pas la bonne utilisation de ces disponibilités de soins qui existent sur le territoire» résume le directeur.
Il semble important dès à présent à ses yeux que les professionnels soient au rendez-vous des réponses que demandent les patients et que ces mêmes patients soient responsables de l’utilisation des équipements. «Il y a un aspect gagnant/gagnant pour tout le monde si on sait bien utiliser les hôpitaux»
En attendant, au Chiva la pression ne semble pas prête de diminuer pour l’intersyndicale FO/CGT qui compte faire valoir les revendications des personnels face à la direction.
Des rencontres dans les services et avec les partenaires sociaux sont d’ores et déjà planifiées la semaine prochaine.
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