© AFP/Archives - Frederick Florin
Le second réacteur de la centrale de Fessenheim, la très polémique doyenne des centrales nucléaires françaises, a été autorisé par l'ASN à poursuivre son activité à condition qu'EDF y réalise d'importants travaux de renforcement, les mêmes que ceux prescrits en 2011 pour la prolongation du réacteur numéro 1.
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), indépendante, impose notamment à EDF d'augmenter l'épaisseur du radier, la dalle en béton située sous la cuve du réacteur, et la mise en place d'un système de refroidissement de secours.
Pour les deux réacteurs de Fessenheim, cette exigence vise à améliorer la résistance des installations en cas d'accident grave similaire à celui survenu en mars 2011 dans la centrale japonaise de Fukushima.
Pour le réacteur numéro 1, la direction de Fessenheim (Haut-Rhin) a précisé avoir déjà investi 10 millions d'euros dans la mise en place d'un nouveau dispositif de pompage dans la nappe phréatique pour refroidir le réacteur au cas où tous les autres systèmes seraient défaillants.
Les travaux de renforcement du radier, qui doivent éviter qu'en cas d'accident grave, le corium (mélange de produits radioactifs en fusion) ne perce la dalle en béton, sont estimés entre 20 et 30 millions d'euros par EDF.
Ils ont débuté voici deux semaines dans le réacteur numéro 1, mis à l'arrêt pour l'occasion, et doivent impérativement être achevés d'ici au 30 juin selon les prescriptions de l'ASN.
Concernant le réacteur numéro 2, l'ASN demande que les deux chantiers d'amélioration soient "achevés d'ici au 31 décembre 2013".
Etant donné que les deux réacteurs de 900 mégawatts de Fessenheim sont de conception identique, EDF s'attendait à ce que l'ASN prescrive les mêmes travaux dans les deux cas. Et l'électricien assure lundi qu'il "conduira les travaux demandés par l'ASN dans les délais impartis".
"Certains de ces travaux seront réalisés à l'occasion de l'arrêt programmé du réacteur n°2 fixé en juillet 2013", précise EDF dans un communiqué.
Comme pour le réacteur numéro 1, Greenpeace a vivement critiqué lundi les décisions de l'ASN pour le second réacteur alsacien.
"Il est ridicule et insensé d'entreprendre des travaux aussi coûteux sur ce réacteur alors que la décision a été prise et répétée de nombreuses fois par le président de la République de fermer cette centrale nucléaire à la fin de l'année 2016", réagit l'organisation, qui juge en outre que ces travaux ne garantiront pas un niveau de sûreté suffisant.
Fin janvier, le directeur de Fessenheim, Thierry Rosso, avait assuré qu'il réaliserait tous les travaux requis par l'ASN, indépendamment de l'engagement du chef de l'Etat de fermer la centrale.
"nécessaires et faisables"
Quant au coût des travaux, M. Rosso les avait mis en regard des quelque 400 millions d'euros de résultats générés chaque année par l'installation.
Ces travaux suscitent de longue date la suspicion et la colère de certains anti-nucléaires qui craignent que cela ne fournisse à EDF un argument pour poursuivre l'exploitation de la centrale, en invoquant la nécessité de rentabiliser un tel investissement.
Raison pour laquelle le réseau Sortir du nucléaire avait déposé un recours en référé contre ces travaux devant le Conseil d'Etat, qui l'a rejeté.
Pour Pierre-Franck Chevet, le président de l'ASN, ces considérations n'ont pas lieu d'être.
"Ces travaux sont nécessaires et faisables", a-t-il dit récemment, en présentant le rapport annuel de l'ASN au Parlement.
"Tant que Fessenheim continue à produire de l'électricité, elle doit le faire dans des conditions de sécurité absolue, et donc se conformer aux prescriptions de l'ASN", avait-il lancé.
En France, la loi impose à l'exploitant d'un réacteur nucléaire de réaliser tous les dix ans un réexamen de la sûreté de son installation, qui se traduit par une mise à l'arrêt et des inspections approfondies, à l'issue duquel l'ASN prend position sur la poursuite de son exploitation.
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