Une scène de crime expliquée aux Mirapiciens par l'OPJ et le «proc»

Dimanche, lors du salon du polar régional et du livre jeunesse «Arsenic et culottes courtes» de Mirepoix, gendarmes et procureur de la République ont été appelés sur une scène de crime. Deux cadavres venaient d’être découverts…
Une scène de crime, grandeur nature, expliquée avec pédagogie et un brin d’humour…
Ce dimanche 27 septembre 2015, Madame «Pas de Bol» découvre, aux environs de 16h30, deux cadavres dans un appartement situé à Mirepoix.
Paniquée et en pleurs, la jeune femme prévient les gendarmes.
Trois minutes plus tard, les sirènes retentissent.
Les rideaux tombent, la scène de crime se découvre avec «l’aimable participation» des militaires de Mirepoix: le chef Gaëlle Stervinou, l’adjudant Stéphane Daunas, le major Jean-Michel Barrabes et le gendarme Pascal Vauchel.
Dès le début, tout est mis œuvre pour éviter que l'on vienne souiller le périmètre.
«Si l'on rate cette phase capitale, l'enquête risque de virer au cauchemar» indique l’adjudant Stéphane Daunas, alors que sa collègue pose des jalons jaunes.
Par mouvements concentriques allant du plus loin au plus près des corps, le chef Gaëlle Stervinou s’est lancée dans un ratissage méthodique, mètre par mètre, pour repérer tout indice éventuel abandonné par le ou les tueurs (arme, douille, bout de papier ou de tissu, mégots…).
Geler les lieux afin de ne pas souiller le périmètre
Désormais la scène est figée, le parquet alerté: une Mirapicienne vient de découvrir deux morts, l’un est pendu, l’autre (une femme) est morte asphyxiée.
La brigade de recherches (BR) de Pamiers est engagée, les TIC (techniciens en identification criminelle) appelés.
La mairie est informée par le major Jean-Michel Barrabes, alors que ses collègues vérifient s’il y a eu infraction au domicile du couple.
Redonner la parole aux corps
Le médecin légiste arrive (un seul en Ariège, le Dr Thiennot) et prononce le décès avant d’examiner les deux dépouilles («pour la dignité humaine, on s’occupera d’abord du mari» glisse l’adjudant Stéphane Daunas).
Pas de souci en ce qui concerne le pendu (Roger X), mais le corps de son épouse, Marie, porte des traces au niveau du cou.
De plus, Marie a un sac plastique autour de la tête… La pauvre femme a été asphyxiée.
Mais voilà que le procureur de Foix arrive sur les lieux. Karline Bouisset s’informe et donne ses directives. «On est les yeux, eux (le Parquet, NDLR) les dirigent» glisse à ce stade de l’histoire l’adjudant Stéphane Daunas.
Les décès sont constatés, le secteur est bouclé. Le travail des enquêteurs et des experts de la gendarmerie nationale commence.
Début d'un travail d'équipe méthodique où chaque centimètre carré est étudié, ratissé. Chaque objet, chaque indice est aussitôt signalés par des triangles jaunes numérotés posés au sol.
Ces indices (dont la corde ou le sac plastique) seront placés sous scellés, numérotés et informatisés. Mais seulement après que la scène de crime ait été photographiée.
L’enquête de voisinage débute aussitôt.
L’appartement était fermé de l’intérieur. Le sac de la mamie est retrouvé avec son porte-monnaie, ses bijoux. Rien n’a été dérobé.
Les morts sont bien connus en Mirapicien. Elle, paraplégique, était atteinte d’Alzheimer. Son mari, Roger, s’occupait d’elle.
Les TIC découvrent rapidement une lettre dans la poche de Roger. Une lettre dans laquelle ce dernier parle de son cancer en phase terminale (il en avait pour un mois à vivre). Il ne sait pas qui, après son décès, pourra s’occuper de Marie.
Dans cette brève missive, l’époux indique «je préfère partir avec elle». Une hypothèse se dessine: celle d’un meurtre suivi d’un suicide.
Pour autant explique le procureur de Foix, l’enquête ne s’arrête pas là.
Un examen graphologique sera ordonné, de même que l’audition du généraliste de Roger, d’un examen sur les empreintes retrouvées sur le sac en plastique.
«À partir du résultat de tous ces examens, je classerai sans suite l’affaire. Le suspect étant mort, on éteint l’action publique» souligne Karline Bouisset, avant de revenir sur le rôle du «proc».
Il ouvre l’enquête, l’instruit (si assassinat, il se dessaisit au profit du pôle criminel de Toulouse), saisit un juge d’instruction qui instruit à charge et décharge, et enfin, il mènera les réquisitions au tribunal (assises si meurtre).
Ce dimanche, le public a pu découvrir, grâce à la scénariste (et par ailleurs militaire) Gaëlle Stervinou l’envers du décor.
Le travail effectué par la gendarmerie nationale, ses officiers de police judiciaire, ses techniciens, mais aussi les prérogatives et le rôle du procureur de la République.
À Mirepoix, Karline Bouisset et «ses gendarmes» ont, avec brio, explicité et répondu à toutes les questions.
Le mot de la fin, revenant au «proc» de Foix qui a glissé à l’intention des militaires: «je sais qu’à Mirepoix tout est entre de bonnes mains».
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