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Carrières en Ariège: leur sort scellé d'ici 2013
06/10/2011 | 19:14
© MidiNews (archives)
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Depuis plusieurs mois, les associations écologistes dénoncent la prolifération des gravières en Basse Ariège (qui servent à l’extraction de granulats pour les besoins du bâtiment notamment), suite à une modification de 2009 du «schéma départemental des carrières de l’Ariège»

Il faut savoir que ce schéma va être revu pour 2013. D’ici là, un comité de pilotage et deux groupes de travail planchent sur le dossier.

C’est le Code de l’Environnement qui a introduit la réalisation d’un «Schéma départemental des carrières» à l’échelle d’un territoire.

Et même si tout cela peut paraître un peu technique, ce document est crucial.

Il définira les conditions générales d’implantation des carrières dans le département (qui ont provoqué de nombreuses polémiques ces derniers temps).

Et c’est l’outil qui servira ensuite au préfet pour autoriser ou non l’exploitation des carrières sur son territoire.

Associations de protection de l’environnement, élus, institutionnels, chambres consulaires, représentants des carriers, mais aussi le Conseil général et les départements limitrophes, tous seront consultés avant la phase finale de décision dans deux ans.

Le précédent schéma (approuvé en 2003) permettait selon l’association écologiste Le Chabot de «préserver le potentiel des terres agricoles de la plaine»

Mais une modification préfectorale datant du mois de juin 2009 a annulé tout objectif chiffré d’extraction de granulats (fragments de roche) dans le département.

De quoi provoquer «la multiplication de carrières alluviales, sur de très grandes surfaces, sur de très grandes profondeurs et sur la nappe pluviale» selon Le Chabot.

Ce qui préoccupe un des ses membres Henri Delrieu, «les autorisations qui ont été données concernent 1000 hectares en Basse Ariège»

Plusieurs choses inquiètent les écologistes: la pollution des nappes phréatiques, l’immobilisation des terres agricoles, mais aussi la dégradation du paysage.

Même si, selon Henri Delrieu, le problème ne se limite pas aux gravières de Basse Ariège.

Le schéma aborde aussi la gestion d’autres matériaux comme le talc, le gypse, les argiles et marnes, etc.

Ainsi, «plutôt que d’aller ouvrir de nouvelles carrières et d’aller faire de nouveaux trous dans les paysages ariégeois, nous pensons que certains lieux sont sous-utilisés. C’est le cas des Talcs de Luzenac par exemple»

Une autre proposition du Chabot concerne la réhabilitation des gravières, le plus souvent transformées en base nautique après la phase d’exploitation, «nous pensons qu’il serait possible de mettre des barges sur l’eau équipées de panneaux photovoltaïques. On mettrait ainsi la nappe à l’abri d’une partie de l’évaporation et on produirait de l’énergie»

Il reste encore deux ans de réflexion.

De leur côté, les associations espèrent bien que le nouveau document freinera la multiplication des projets de gravières.

Dans un communiqué, Le Chabot affirme que le schéma dans sa version actuelle «est en train d’accompagner un véritable pillage de la ressource en graves alluvionnaires dans toute la Basse Ariège, transformant irréversiblement et anéantissant tout ce secteur agricole irrigué»

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 06/10/2011 | 19:14 | Lu: 13070 fois