Tribunal correctionnel de Foix: «si j'avais voulu, j'aurais pu m'évader»

Vue de l'entrée du palais de justice à Foix
© midinews 2015

Cet après-midi, Axel a comparu pour «évasion par effraction».

Le tribunal a requalifié les faits en dégradations de bien d’utilité publique. Le prévenu a été condamné à 4 mois de prison fermes.

Une tentative avortée par nécessité selon le parquet
Condamné voici peu à Perpignan, Axel purge sa peine à la Maison d’arrêt de Foix. Libérable le 24 octobre prochain, il n’a pas encore de projets, seulement confie-t-il vouloir retourner chez lui à Alès.

Entre le 7 août et le 18 août 2015, le personnel pénitentiaire de Foix a découvert un trou dans le plafond de la cellule qu’il partage avec deux autres détenus. Axel avoue de suite en être l’auteur.

En commission disciplinaire, il a été condamné à 20 jours, dont 10 de sursis en quartier disciplinaire.

À la barre du tribunal correctionnel, il explique «s’être embrouillé avec un mec, alors qu’il était debout sur le lit du haut de façon à pouvoir atteindre la fenêtre par où ont lieu les échanges entre détenus».

De colère, il aurait donné un coup de poing dans le plafond, et ce faisant aurait percé le plafond en contreplaqué. Pour cacher le trou occasionné, il y aurait collé un poster, ce qui n’a pas manqué d’intriguer les gardiens.

Lors de sa 1ère audition, il déclarait avoir fait ce trou avec un ouvre-boite (le trou est carré), avoir le projet d’évasion «après celle du marseillais», mais y avoir renoncé se disant «que ce n’était pas une bonne idée».

Axel a signé ses aveux, mais les dénonce aujourd’hui, soulignant «je ne les ai pas relus, je lui ai tout dit de vive voix».

Ce qui interpelle la présidente du tribunal, Isabelle de Combette de Caumon qui lui lance: «vous avez une assez grande habitude du monde judiciaire Mr pour ne pas signer n’importe quoi (le détenu a de nombreuses condamnations à son casier judiciaire, NDLR)».

Ce à quoi il lui répond; «vous ne savez pas ce que c’est la détention. Si j’avais voulu, je me serais évadé».

Au parquet, Claude Cozar ironise: «si j’avais voulu, j’aurais pu, sauf qu’il n’avait pas de marteau piqueur, et qu’il ne pouvait pas se servir de ses dents». Pour le vice-procureur pas de doute, il s’agit bien «d’une tentative avortée par nécessité». Bien que ne voulant pas «la mort du petit cheval», Claude Cozar a requis 3 à 4 mois fermes.


En défense Me De Meyer sollicite la relaxe pour des faits pas caractérisés et s’interroge: «sur ses motivations, sachant qu’il est libérable le 24 octobre».

Le commencement de l’exécution n’est pas établi, «il n’est pas démontré qu’il ait voulu se soustraire à sa garde» poursuit-elle. L’avocate parle de dégradations causées suite à une vive altercation et glisse: «seule la 1ère couche a été endommagée, le plancher est demeuré intact».

Axel a donc écopé de 4 mois et il devra de plus s’acquitter de 299€ pour les dégradations commises sur un bien d’utilité publique.

NR | 15/09/2015 - 19:10 | Lu: 8796 fois