Noyés au milieu des 340 000 manifestants selon la police, 800 000 pour les organisateurs, environ 230 Ariégeois ont pris part à la «manif pour tous» derrière une banderole de quatre mètres de long faisant apparemment pâle figure par rapport à d’autres.
«Les journalistes présents sur place nous ont dit qu’on détonait par rapport aux autres participants. On était apparemment plus terroir en comparaison avec les autres manifestants plus citadins» explique Yann de Kérimel.
L’agriculteur multi-casquettes en ce moment (il est aussi à la tête de la liste de la Coordination rurale pour les élections Chambre d’agriculture) a motivé les troupes qui ont accepté de le suivre jusqu’à Paris.
Deux bus étaient affrétés au départ de Pamiers et dans les environs de Saint-Girons samedi soir à 20h. Arrivée le dimanche matin à 7h30 place Denfert-Rochereau au cœur de la capitale française.
«Les gens étaient très motivés mais parfois c’était assez long, il y avait tellement de monde que l’on n'a pas pu avancer pendant une heure et demie», confie le président de l’association ariégeoise.
Partis à 12h15 de la place Denfert-Rochereau, ils n’arriveront sur le Champs de mars au pied de la Tour Eiffel distant de seulement trois kilomètres qu’à 17h30!
Une manifestation décrite comme consistante par le président de la République François Hollande qui a indiqué que le projet de loi se poursuivrait et serait étudié par le Parlement dès la fin janvier comme prévu.
«Pour un gouvernement qui dit qu’il veut réunir, pacifier et faire avancer la France, un gouvernement qui se dit démocratique, je trouve que c’est un mensonge colossal» s’exprime Yann de Kérimel.
Le collectif anti-mariage pour tous demande toujours la mise en place d’un débat et la suspension du projet. «On pensait qu’autant de gens dans la rue pourraient faire réfléchir le gouvernement comme ça avait été le cas de François Mitterrand en 1984. C’est inacceptable qu’il y ait un texte qui ne représente pas un besoin aujourd’hui» développe Yann.
Le président de l’association a donc insisté auprès des manifestants ariégeois pour qu’ils soient prêts à se remobiliser ultérieurement. «Je leur ai dit qu’il faudrait qu’ils soient tous là et même qu’ils ramènent chacun une personne de plus.
J’aimerais que l’on sorte du débat politique et idéologique pour l’instauration d’un débat démocratique» conclut l’agriculteur.
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