La lutte contre les chenilles processionnaires s'organise en Ariège

Crédit photo: AN et La Mésange Verte

Si le papillon de nuit, le Thaumetopoea pitycampa, ne vivant plus de 24h est totalement inoffensif, ses chenilles constituent un véritable fléau pour les conifères.

Reconnaissables par les cocons accrochés aux branches des pins et sapins, les chenilles vivent en colonies à l’intérieur de ces grandes poches soyeuses, des nids provisoires qu’elles tissent l’hiver et n’en sortent en procession que pour s’alimenter.

Dangereuses pour les conifères qu’elles affaiblissent, cette chenille urticante est aussi mauvaise pour l’homme que pour les animaux domestiques. Son seul prédateur naturel reste la mésange qui s’en nourrit.

Depuis quelques années avec les douceurs de l’hiver et un réchauffement climatique notoire, la zone de nuisance et de présence de ces chenilles à poil long remonte vers le nord et leur prolifération dépasse toutes les prévisions.

À l’origine méditerranéenne, cette espèce est capable de se déplacer sur de longues distances et les pins qui bordent les autoroutes constituent de formidables corridors pour la procession: elles sont aujourd’hui aux portes de Paris et on les a vues à Font-Romeu à 1 500m.

Les arbres peuvent contenir une trentaine de nids, où il fait 15 à 20° de plus qu’à l’extérieur avec jusqu’à 300 individus par nid. Après leur nidification, les chenilles descendent en procession s’enterrer.

Le département de l’Ariège n’est pas épargné par cette espèce invasive dont on observe les cocons en plaine ou sur les versants sud (une présence qui tend à remonter en altitude).

Parallèlement la lutte s’organise. On voit apparaitre autour du tronc des conifères d’étranges installations: ceintures dotées de sachets transparents, éco-pièges, nichoirs…

Luc est élagueur et sa spécialité est le travail sur corde. Parmi les cordes à son arc, la lutte biologique contre les chenilles processionnaires. Il y a quelques mois il a installé un dispositif dans le parc de la chambre d’Agriculture à Foix.
Des pièges écologiques
Le collier se place autour du tronc qui amène les chenilles dans un sac plein de terre… les chenilles sont quasiment aveugles et on leur fait croire ainsi qu’elles sont au sol.

À l’issue de la saison, le sac qui peut contenir des milliers de chenilles est incinéré. Pour compléter le dispositif, il installe des petites boites dans les arbres, ce sont des pièges à phéromones, dont la molécule de synthèse attire les mâles (les papillons), mais en limite la fécondation.

Enfin troisième volet, la pulvérisation de bactéries, ce sont des champignons qui ne sont pas nuisibles ni pour les hommes, ni pour les animaux… enfin pour compléter le tout il arrive également à notre acrobate des cimes d’installer des nichoirs à mésanges.

Dans le sud de la France, dans les pinèdes notamment il arrivait également que l’on procède avant l’éclosion des larves à des pulvérisations d’insecticides.

Mais face aux restrictions imposées par ces produits phytosanitaires, l’éco-piège qui permet selon les tests réalisés par l’INRA la capture de 97% de chenilles, demeure la seule alternative face à la recrudescence de ces nuisibles.

C’est en tout cas l’option prise actuellement par le lycée agricole de Pamiers et le lycée Philippe Tissié de Saverdun face à cette déferlante de chenilles.
Une entreprise installée dans la nouvelle grande région
À l’origine de ces ingénieux éco-pièges, «La Mésange Verte», une entreprise installée à Bage, non loin de Perpignan, créée en 2008 par Jocelyne Camerani et Christian Auriche.

Celui-ci invente ce concept pour protéger son chien dans le jardin, mais très vite ses voisins demandent le même dispositif.

Face à la demande et au besoin, le couple monte un atelier dans son garage puis peu à peu investit dans des machines et embauche du personnel.

En six ans la production s’est multipliée par cinq et ce sont plusieurs dizaines de milliers de pièges qui sont vendus chaque année à travers le réseau de distribution, des produits qui s’exportent en Suisse, en Italie, en Espagne ou au Portugal.

La Mésange Verte, voit désormais son marché exploser face à la menace des poils urticants de ces chenilles voraces.

Pour en savoir plus:
http://fredon-blog.blogspot.fr

http://www.lamesangeverte.com/la-mesange-verte-specialiste-lutte-contre-chenille-processionnaire-pin.html

Luc Montovani société Aerobascie à Pamiers: 06 87 54 76 04.

Laurence Cabrol | 02/02/2016 - 19:04 | Lu: 39825 fois