ADAPEI: plus d'une cinquantaine de salariés s'invitent au Conseil d'administration
04/04/2013 | 19:20
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grève Mobilisation des salariés de l'ADAPEI de l'Ariège pour manifester leurs souffrances au travail

La situation est tendue depuis des semaines entre les salariés de l'ADAPEI et la direction.

Tout est parti de l'IME de Saint Jean du Falga comme le rappelle Bruno Douarche, délégué syndical CGT, qui dénonce le climat délétère qui règne dans les équipes de management, les tentatives d'intimidation et l'audit mené par l'ARS.

Face à ce manque de dialogue, près de deux cents salariés ont manifesté jeudi dernier symboliquement devant l'IME de St Jean promettant de s'inviter au prochain CA afin de rencontrer les administrateurs et de les informer des dysfonctionnements qui règnent dans l’association.

Mercredi soir à 19h ils se sont retrouvés devant le siège de Pamiers, boulevard Alsace Lorraine.

«Les lignes n'ont pas bougé depuis la semaine dernière c'est le management par la peur»
«Concernant les négociations annuelles obligatoires (les fameuses NAO), nous avons reçu un PV de désaccord aujourd'hui même, nous ne le signerons pas! Des résidents ne pourront plus partir en vacances, le Pyrando, activité estivale qui existe depuis 33 ans permettant de relier le Pays Basque à la côte méditerranéenne à pied et à vélo, est voué à disparaître.

Cela signifie que du jour au lendemain les résidents les plus précaires en seront privés sous prétexte que l’on va à l’encontre du code du travail
»

Concernant la précarité du travail à l'ADAPEI, les représentants syndicaux dénoncent la règle des 18 mois: «nous demandons de mettre fin à cette règle absurde qui entretient la précarité de l’emploi»

Bruno Douarche reconnaît qu’ il y a «des tensions vis à vis du Conseil d’Administration, que ce soit avec la politique menée par la direction et ce rapprochement tenté avec l'ADAPEI 65, cela à déjà été réalisé sous la forme d’une fusion (l'AGAPEI) pour les départements de la Haute-Garonne, du Gers et du Tarn, une idée instaurée par l'ancien directeur de l'ARS Xavier Chastel, visant à diminuer le nombre d'associations et à réaliser d’importantes économies»

Quant à l'audit du Conseil général, «nous avons entendu parler de SCIC, cela nous paraît dangereux pour l'ADAPEI qui rentrerait dans le secteur marchand, une évolution dommageable pour les parents qui en seraient écartés»

Une délégation d'une dizaine de personnes avait décidé de s'inviter à la réunion, au final ce sont tous les salariés présents qui se sont joints au groupe.

Tout d'abord l'étonnement de constater l'absence de la présidente, Marie-Josée Magne, et la présence du directeur de l'ADAPEI 65 qui au-delà de l'échange d'expérience va injecter 600 000 euros dans la structure ariégeoise.

«Quelles sont les conditions, nous ne le savons pas à ce jour mais on peut imaginer qu'il ne s'agit pas de pure philanthropie [...] nous voulions rencontrer les administrateurs et pas les gestionnaires. Nous y sommes parvenus, explique Yazid Djémane, secrétaire au CE.

Nous nous sommes retrouvés confrontés aux parents qui n'étaient au courant de rien. Nous leur avons parlé avec notre cœur de notre métier, de leurs enfants, des agissements de la direction... on les a mis devant leurs responsabilités car l'ADAPEI ce sont eux qui l'ont construite pour leurs enfants et c'est à eux qu'on doit rendre des comptes»

Du côté des responsables syndicaux donc pas de changements notoires mais une rencontre avec les administrateurs qui a permis d’ouvrir sur un dialogue
«La direction est absente, le président inexistant, les seuls qui ont des propositions constructives ce sont les salariés car ils sont préoccupés de l’avenir de leur structure, précise Frédéric Birebent de l’UD CGT.

Nous serons amenés à refaire le point avec le CA et les représentants du personnel seront désormais présents à toutes leurs réunions sinon ce sont tous les salariés qui s’y inviteront.

L’avenir de l’ADAPEI ne passera pas par une réflexion qui exclut les salariés. Forts du niveau de mobilisation ils sont à présent déterminés à prendre la parole.

Et face au constat d’échec des associations de cette importance, nous réfléchissons à un projet bien plus ambitieux autour de la prise en charge publique du handicap. Nous sommes désormais arrivés à un tournant
»

Après deux heures de discussions, tous se sont promis de se revoir dans les plus brefs délais. Coté salariés la mobilisation se poursuit.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 04/04/2013 | 19:20 | Lu: 26996 fois