Tribunal correctionnel de Foix: le voisin violent écope de 8 mois sursis

© midinews (archives)

Le 16 mai 2015 à Tabres, V.V, 37 ans, brise à coups de pied la baie vitrée de ses voisins, armé «d’un couteau de type commando». Me Pontacq avocate des parties civiles a dénoncé «la violence des propos allant de pair avec une gestuelle menaçante».
Fou de colère, armé d’un poignard type commando
Ce jour-là, les clients de Me Pontacq discutaient sur leur terrasse avec des cousins, lorsque leur voisin, excédé par les aboiements de leur chien, commence par les insulter.

Devant la violence des propos et un voisin qui menace de tuer leur chien, le couple et leurs cousins se replient à l’intérieur et ferment à clé leur porte vitrée.

V.V, «fou de colère, armé d’un poignard type commando» glisse Me Pontacq, grimpe sur le balcon et à coups de pied, jusqu’à se blesser au genou (blessure nécessitant 14 points de suture), brise la baie vitrée.

Pour l’avocate des parties civiles, «la violence était bien présente», et pour en attester elle a présenté deux certificats médicaux (stress et angoisse réactionnelle pour l’épouse, blessures légères aux mains dues aux bris de verre pour l’époux).

2000 € de dommages et intérêts ont été réclamés pour chacune des deux victimes, ainsi que 800 € de frais d’avocat. Au parquet, Claude Cozar parle «d’un Monsieur inquiétant. Malgré son dérèglement mental, les faits de violence sont là».

L’expert psychiatre dans son rapport mentionne «un niveau intellectuel frustré, des troubles de la personnalité». Pour le vice-procureur, «la prison ne peut arranger la situation, mais il faut l’encadrer sérieusement». SME, obligation de formation, de soins et d’indemniser les victimes ont été requis.
Il a tenté d’alerter les autorités judiciaires, martèle Me Emmanuelle Plais-Thomas
En défense Me Plais-Thomas est revenue sur la personnalité du prévenu, une personne présentant une pathologie digestive sévère, quelqu’un de très fatigable, de très fatigué, qui s’était installé à Tabres pour vivre paisiblement.

«Il a eu à supporter les aboiements ininterrompus du chien des voisins», indique-t-elle.

Son client a saisi le maire du village, le tribunal d’instance, a fait une main courante, a adressé une lettre au parquet «expliquant qu’il est à bout et le 16 la situation dégénère, son voisin n’en a rien à faire». Des éléments à prendre en considération selon l’avocate.

Pas opposée aux réquisitions du parquet, Me Plais-Thomas, ne conteste pas la détention d’arme, «qu’il remet sans difficulté aux forces de l’ordre», ni les dégradations.

«Ce qui pose problème» à l’avocate c’est «la personnalité de Mr V. Le fait de ne pas avoir d’expertise psychiatrique sur l’altération du discernement».

L’avocate se dit «stupéfaite d’entendre la partie civile s’étendre sur des violences physiques, aucun élément ne venant les corroborer». Pour Me Plais-Thomas, «il faut se donner les moyens, ne pas se contenter d’extrapoler».

V.V a été relaxé pour le port d’arme malgré une interdiction judiciaire.

Pour les trois autres délits, il a été condamné à 8 mois sursis, SME durant 24 mois, obligation de soins, d’indemniser les victimes, interdiction de les rencontrer et de se rendre à Tabres.

De plus, il devra s’acquitter de 1200 € de dommages et intérêts à chacune des deux victimes, plus 250 € de frais d’avocat.

NR | 02/09/2015 - 19:00 | Lu: 9981 fois