Tribunal correctionnel de Foix: Claudius de Cap Blanc condamné à 500 � d'amende avec sursis

© midinews (archives)
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Claudius de Cap Blanc (Jean-Claude Lagarde pour l’état civil) a été reconnu coupable cet après-midi de dégradations commises à l’office de tourisme du Mas-d’Azil et condamné à 500 € d’amende avec sursis.
Trente jours amende à 30 € avaient été requis par le parquet. La défense avait plaidé la relaxe.
Le 7 juillet dernier, Claudius de Cap Blanc comparaissait pour «dégradation ou détérioration légère de bien destiné à l’utilité ou la décoration publique par inscription, signe ou dessin»
Entre le 22 décembre 2014 et le 28 janvier 2015, le créateur de l’Affabuloscope au Mas d'Azil avait collé des affiches et dessiné ses fameux symboles vulvaires sur la vitrine de l’office de tourisme Arize-Lèze, au Mas-d’Azil, posant toujours la même question : «Quel crime a donc commis cette pierre ?»
Si pour le ministère public, se disant «sensible à l’art», cela s’apparente à des «tags», donc des dégradations, Me Bouzenoune, avocat de la défense n’en avait pas la même lecture: «la démarche était politique, artistique et revendicative» soulignait-il d’emblée.
Car ce procès cache un dossier bien plus ancien que la juridiction civile n’a toujours pas tranché.
Après divers renvois et prorogations de délibérés, le tribunal d’instance n’a toujours pas dit s’il était, ou non, compétent pour juger le litige qui oppose Claudius de Cap Blanc à l’Office de tourisme, et plus particulièrement son président Jean-Marc Pouech.
Dans le cadre d’un contrat signé entre les deux parties, l’artiste devait exposer une sculpture au sein de l’OT.
«La création était retirée sans explication au bout de quelques jours», le prévenu apprenant lors d’une visite à l’Office de tourisme qu’elle avait été écartée.
Aussitôt, il demandait des éclaircissements, «j’attends toujours une discussion avec Jean Marc Pouech (président de l’OT, NDLR)», indiquait-il à la barre du tribunal.
«Trouvant la situation injuste, j’ai décidé de poser la question avec un dessin assorti d’une lettre recommandée»
Son avocat enfonçait alors le clou: «quand on a la chance d’avoir dans la région un artiste comme Monsieur, on se doit de respecter le contrat conclu avec lui. Il s’est retrouvé dans la situation d’un contrat dénoncé unilatéralement. On l’a privé de promouvoir son atelier, l’Affabuloscope»
L’avocat conteste énergiquement la dégradation : Et d’un, le produit utilisé pour coller ce qui s’apparenterait à des autocollants selon lui, et donc «pas d’élément intentionnel» ; et de deux, «la vitrine de l’OT fait office de support, de toile, c’est un lieu d’exposition»
Après avoir rappelé que l’Office de tourisme ne s’était pas constitué partie civile et que l’artiste «n’était pas venu comme un vandale, mais était dans une démarche artistique, dans la réhabilitation d’un symbole connu depuis la préhistoire», Me Bouzenoune était revenu sur le préjudice fait à son client.
«Il ne fait pas partie des artistes promus ; il se bat pour survivre de son art»
Claudius de Cap Blanc serait selon son conseil «un lanceur d’alerte. Il a essayé de rendre publics ses démêlés avec le président de l’Office de tourisme. Lui a agi avec mesure et délicatesse face à une censure pure et simple»
La relaxe était plaidée par Me Bouzenoune.
Si cette nouvelle affaire a valu la correctionnelle à Claudius de Cap Blanc, elle lui a aussi valu le soutien de nombreux défenseurs de la liberté d’expression et la mise en place d’une pétition demandant la réintégration de l’Affabuloscope au rang des sites culturels ariégeois.
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