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Macbeth au TNT de Toulouse
24/02/2012 | 19:33

William Shakespeare, c’est tout un monde.

Un écrivain français, et pas le moindre – Emile Zola, disait de lui: «Shakespeare seul a enfanté une humanité aussi large et aussi vivante»

Peu d’auteurs ont autant influencé la production artistique, jusqu’à aujourd’hui, jusqu’aux disciplines «nouvelles» comme le film et le cinéma.

Dans une foisonnante ampleur, son œuvre embrasse le tout petit comme le très grand, le risible comme  le tragique, l’âme intime comme le questionnement politique, l’espièglerie comme les dilemmes moraux.

Sa langue est toujours charnelle et concrète, même quand elle est parlée par les figures surnaturelles ou les apparitions fantastiques des ses pièces.
 
L’œuvre , «Macbeth», parue en 1606, dans la période de maturité de l’auteur (Shakespeare mourra en 1616) fait partie des grandes tragédies de l’auteur évoquant un individu aux prises avec le mal.

Laurent Pelly, le metteur en scène, en dit: «Macbeth, ce n'est pas que l'autopsie d'un crime.

C'est le côté obscur de la puissance, du pouvoir.

On n'est plus dans le sens de l'Histoire sur lequel Shakespeare n'a cessé de s'interroger – via ses drames historiques notamment, on est au cœur des ténèbres, dans une sorte de chaos où ont disparu tous les repères
»
 
L’histoire a été inspirée par la vie d’un roi d’Ecosse au moyen âge, mais Shakespeare ne tient pas à redonner une vérité historique ; il dépeint plutôt le parcours d’un homme, d’abord vaillant et courageux, vers un destin tenu par la terrible logique d’ écraser tous ceux qui pourraient s’opposer à lui.

Macbeth n’est pas seul dans son obsession du pouvoir – il y a Lady Macbeth qui assume la violence, qui pousse son mari et fait alliance avec lui dans une descente aux enfers.
 
Ces rôles principaux ont été confiés à deux magnifiques artistes de la Comédie Française, Thierry Hancisse tout en trouble et puissance délirante, Marie-Sophie Ferdan dans le rôle de la Lady, glissant inéluctablement vers la folie.

Dans la distribution, le public appaméen retrouvera aussi deux jeunes comédiens de l’Atelier Volant («J’ai examiné une ampoule…») – les reconnaîtra-t-il sur le plateau, c’est une autre question!
 
Dans l’immense tension dramatique de l’histoire, Shakespeare garde des nuances extrêmement fines dans la description de la nature humaine.

Jamais le récit n’écrase l’individualité de chacun des protagonistes.

Ces portraits particulièrement bien dessinés sont soutenus par un jeu de comédiens si habités, si réels, que le spectateur les ‘adopte’ sans hésitation.
 
Quant à la mise en scène, la lecture de la pièce de Laurent Pelly comme un labyrinthe mental ouvre la voie  pour en faire une adaptation résolument moderne.

Laurent Pelly encore: «Ce qui m'impressionne chez Shakespeare, c'est qu'on peut le jouer avec rien (…)

C'est aussi ce en quoi cette pièce est extrêmement moderne: elle n'oblige pas à restituer un décorum
»

Ce qui, chez lui, ne signifie certainement pas l’épuré ni le minimaliste – on peut faire confiance à la fulgurance et à la fantaisie de ses mises en scène.
 
C’est donc une superbe occasion de voir et écouter un drame majeur du répertoire occidental, dans une formule agréable, conviviale: profitant d’une sortie en commun en bus, et ainsi se déplacer facilement.

Samedi 10 mars

«Macbeth» de William Shakespeare
mise en scène et scénographie Laurent Pelly
Réservations obligatoires auprès de l’Office du Tourisme: 05 61 67 52 52
Tarif : 14,50 € / 9 € (transport compris)
 
Durée estimée 3h, avec l’entracte
Départ de la place Milliane 19 h  - Accueil à partir de 18 h 30
Retour vers minuit

Source: AFTHA

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publié le: 24/02/2012 | 19:33 | Lu: 5921 fois