Adieu Poupée
Jeanne Mordoj – Cie Bal
Une femme brode des poupées, des tas de poupées, les accumule.
Une question surgit, pourquoi je fais tout ça, d’où vient cette nécessité?
Face à ses gouffres, ses solitudes, ses héritages, elle part à la rencontre de ses ancêtres, de son histoire, de ce qui la compose.
Elle s’invente sous nos yeux.
Au plus près des spectateurs, dans une configuration en forme de L, Jeanne Mordoj incarne le cheminement d’une femme qui se déleste de ce qu’elle a construit pour ne garder que le noyau vital.
Ce peuple, effigie de son monde intérieur et archaïque, l’a protégée de tout lien avec le monde.
Seule dans cette multitude, nous la regardons tenter de se libérer de ce cocon protecteur, qui l’aspire hors de la vie, hors des autres.
Au fil d’un cheminement, de tentatives d’aller vers autre chose, ses créatures se détachent des murs et se déposent, sur le sol, vidées de leur chair et cette femme émerge de ce champ de bataille et s’avance à notre rencontre.
Comme si derrière le paravent nous attendait L’Origine du monde de Gustave Courbet.
Jeanne est ainsi, une artiste clandestine, tour à tour manipulatrice d’objets incongrus, danseuse, jongleuse, contorsionniste, comédienne, ventriloque et… brodeuse.
Pour cette nouvelle création, Jeanne a glissé un regard du côté de l’enfance, du temps des poupées de tissu grossier qu’elle brodait elle-même. Imparfaites, donc irrésistiblement humaines.
Du côté des absents aussi. Les poupées sont ainsi devenues la famille, ce qui constitue chacun, avec ses secrets et ses grands éclats de rire. Car Jeanne aime relier l’intime à ce qui nous parle à tous.
Nos influences et les héritages improbables. Avec Jeanne Mordoj, la Femme sera au cœur de ce spectacle.
Ces poupées – bavardes, forcément bavardes – peupleront la scène en cousines attachantes et inspirées de ces grandes figures de l’art que sont Louise Bourgeois et Annette Messager.
Jeanne n’a pas de peurs, juste des curiosités qu’elle aime partager avec humour et une pointe d’acidité. Un monde cousu main...
Le public de l’Estive avait découvert cette artiste singulière affublée d'un collier de barbe et d'un tailleur vert dans un solo insolent de virtuosité et de talent qui avait pour nom Éloge du poil.
Avec Adieu Poupée, la voici cette fois en robe rouge, entourée de poupées de chiffons, et s'affiche dans un univers étrange et poétique où se pose la question du passé qui (dé) construit, celui que l'on accepte ou que l'on rejette pour grandir le mieux possible.
«J’ai commencé à fabriquer des sortes de poupées en tissu avec le visage brodé. Des familles sont apparues, les noires longues, les inachevées, les blanches…
La présence de figures, créatures, leur absence. Comment tout cela est relié, comment tout cela s’influence.
C’est une chose que je faisais enfant, coudre des poupées, c’est un désir que j’ai d’amener de la matière plus plastique dans mon travail, c’est aussi mon lien familial, mes parents sculpteurs.
C’est le moment pour moi, après avoir questionné mon histoire de pouvoir en faire une œuvre artistique en lui donnant un sens plus large avec distance et humour.
La nécessité de partir de l’intime pour parler de tous. Il sera question de féminité, d’art brut, d’un monde fantasmagorique, sauvage et sensuel à la fois»
Jeanne Mordoj
Vendredi 6 avril à 20h45 et samedi 7 avril à 17 h à l’Estive de Foix
Rencontre avec Jeanne Mordoj le samedi à l’issue de la représentation au Bar de l’Estive
Renseignements et réservations au 05.61.05.05.55 / www.lestive.com
Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège
- Banat, village d'art et de rencontres
- Mirepoix: Yves Carchon dédicace «Maudit blues» à la Librairie des Couverts
- Couserans: des contes de tous côtés
- Carla Bayle: colloque Pierre Bayle 2012
- Seix: aux armes historiens
- Concert à Seix: dimanche de grâces
- 9ème Foire au Polar à Castelnau Durban
- 9ème Festival de l'Ascension à Saverdun: de la musique pour tous!
- Montgailhard: l'UDAF de l'Ariège nous invite à la grande aventure de l'écriture
- La vieille et la bête d'Ilka Schönbein à Mirepoix

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.



