A 67 ans il a l’élégance des princes de se retirer de la vie publique et de laisser sa place aux jeunes talents.
Henri Nayrou a décidé de ne pas solliciter un nouveau mandat de député de l’Ariège.
Elu depuis 1997, il passe naturellement la main à son suppléant Alain Fauré.
Mais sans oublier d’aller à la rencontre des ariégeois dans les 139 communes de sa circonscription.
Entre Escosses et Saint-Jean du Falga, ses pas l’ont conduit à la mairie de Bénagues où Marie-France Vilaplana lui a remis, non sans émotion, la médaille de la ville.
Loin des chiffres et des statistiques, Henri Nayrou s’est adressé avec son cœur aux Bénaguais et au-delà aux ariégeois: «je voulais faire une dernière visite de ma circonscription pour y retrouver le goût, le parfum particulier de juin 1997, des communes que j’avais parcouru dans la voiture de mon père en attendant des heures la fin de réunions interminables /…/
C’est peut être un peu désuet pour un député qui va quitter ses fonctions mais il ne s’est pas passé un seul jour durant ces 15 ans où je n’ai repensé à ces engagements comme député de la nation, fidèle à mes convictions mais non sectaire, présent à Paris et bataillant pour ce que je crois être l’avenir de notre société, c'est-à-dire la ruralité qui serait ou sera, non pas une vue du passé mais un concept d’avenir /…/ Edmond Hervé, député maire de Rennes a dit un jour: le travail que nous nous imposons nous parlementaire c’est le respect que l’on doit aux citoyens et aux élus, j’ai toujours en tête cette phase là, cet esprit là, cette exigence là.
J’ai décidé de m’arrêter, de m’écarter, de ne pas solliciter un nouveau mandat pour trois raisons ou plutôt trois chiffres: 67 ans, c’est le bel âge pour avoir la lucidité de faire un pas de côté.
67 ans c’est également un âge logique pour faire émerger une nouvelle génération enfin, 67 ans c’est un âge logique pour attaquer une 5ème vie, un peu plus paisible que les précédentes, celle de journaliste sur les routes du monde, celle de député partagé entre les routes d’Ariège et les navettes avec l’assemblée nationale à Paris.
Je pars sans aucune nostalgie, sans tristesse, sans regrets ni remords.
Je ne ferais pas de bilan aujourd’hui.
Ce qui me tiendra de bilan, ce sont deux regards: le premier, celui que me renvoie le miroir quand je me rase le matin et le second, les regards que je croiserai quand je reviendrai ici ou là, des regards complices et amicaux»
| Henri Nayrou est passionné D’abord par son métier, le journalisme: déjà à l’âge de 14 ans il n’a qu’une idée en tête devenir journaliste sportif. Après ses débuts à la Dépêche du Midi c’est au Midi Olympique qu’il fera carrière jusqu’au poste de directeur de la publication en 1993. Ensuite par le rugby: au Lycée Gabriel Fauré il porte les couleurs sang et or de l’USF, à la faculté de Droit de Toulouse il devient champion des Pyrénées avec l’équipe de Castelnau Durban où il joue à l’ouverture. Son métier de grand reporter l’amène à rencontrer les plus grands joueurs de rugby de la planète. Enfin par la politique. Suite à la disparition de son père Jean Nayrou, sénateur de l’Ariège, Henri se lance dans la politique, d’abord à la mairie de La Bastide de Sérou (il sera 1er adjoint en 1983) puis il lui succède au Conseil général avant de rentrer dans l’hémicycle du palais Bourbon en 1997. «Je n’aurais jamais fait de politique si mon père n’était pas décédé en 1983 et j’aurais fini dans mon métier qui était ma passion, le rugby et le journalisme. J’ai eu la chance de faire de ma passion, un métier, un métier extraordinaire. J’observe que j’ai été parlementaire 14 ans après avoir été élu municipal et cantonal, cela pour répondre ceux et celles qui peuvent penser que la charge de parlementaire serait héréditaire /…/ je sais que mon père a marqué, je me suis souvenu de ses actions pour respecter les autres afin de susciter le respect car c’est le mot que je préfère de la langue française. C’est la grande leçon que m’a laissé mon père ainsi que celle, trop peu de gens le savent, de choisir le temps de laisser sa place. Je le fais à peu près au même âge que lui» Henri Nayrou quittera définitivement la scène politique en 2014 à la fin de son mandat de conseiller général de Saint-Girons. Il aura marqué de son nom la politique ariégeoise. |
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