ariege > jeunesse et societe > justice
Le travail d'intérêt général (TIG) ou comment donner du sens à sa peine?
11/10/2011 | 19:24
© MidiNews 2011

Le ministère de la Justice et des Libertés organisait ce mardi la «journée nationale du travail d’intérêt général» afin de permettre aux professionnels de la justice et à leurs partenaires de se rencontrer.

Le travail d’intérêt collectif (ou TIG), instauré en 1983, est un travail non rémunéré effectué par une personne condamnée, pendant une durée de 20 à 210 heures, au profit de collectivités publiques ou territoriales, d’un établissement public (hôpital, école, etc.), d’une association ou d’une entreprise assurant une mission de service public.

Michel Mercié, garde des Sceaux, souhaite accorder une importance particulière au TIG car selon lui c’est «une peine qui s’exécute dans le cadre de la vie quotidienne […] ce type de sanction a le mérite de concourir à la réinsertion du délinquant et même, dans certains cas, à sa reconstruction»

Les peines du TIG prononcées par les tribunaux sont passées de 19 000 en 2002 à 33 600 en 2010, précise le ministre, qui juge pour autant «trop rare» l’offre du TIG.

Selon lui, «la réponse pénale n’est pas que l’affaire de la justice, les collectivités, les associations, les entreprises chargées de missions de services publics, les citoyens, tous doivent se mobiliser»

Dans le département de l’Ariège cette journée nationale s’est déclinée autour d’une table ronde organisée avec les partenaires: services pénitentiaires d’insertion de probation (SPIP) en collaboration avec les services de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et les autorités judiciaires.

En Ariège, 120 postes différents peuvent accueillir des personnes condamnées.

Depuis le début de l’année, une cinquantaine de TIG ont été exécutés et à ce jour 80 mesures TIG sont en cours: «cela représente 10% de l’ensemble des mesures, c’est peu mais il s’agit là d’un véritable investissement, il y a un important travail préalable de prise en charge et d’accompagnement de la personne qui a fait le choix du TIG» explique Véronique Falanga, directrice du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).

«Cette peine est une alternative à l’incarcération, les condamnés préfèrent souvent se diriger vers une peine d’intérêt général plutôt que de la prison ferme […] sont concernés par ces mesures les mineurs de 16-18 ans et tout majeur.

Une fois que la personne est condamnée à un TIG, nous la recevons au SPIP pour définir avec elle ses envies de découvrir un métier, ses capacités de à mobiliser sur un projet.

Nous travaillons également avec la structure d’accueil, il faut qu’une relation de confiance s’installe entre le «Tigiste» et le référent […] c’est effectivement un pas vers l’insertion, la première découverte d’un métier ou d’une situation de travail, d’une mission à accomplir, il faut respecter l’équipe, faire preuve de loyauté vis-à-vis d’un groupe […] et cela peut également être une première expérience professionnelle pour le  détenu
»

Ainsi depuis le début de l’année, les personnes concernées par un travail d’intérêt général ont pu participer à l’amélioration de l’habitat (entretien des espaces verts, de salles municipales), entretien ou rénovation du patrimoine, réparation de dégâts divers (graffitis, affichage sauvage) ou encore des tâches administratives (accueil téléphonique, classement, archivage)… les propositions sont variées.

Toutefois le travail d’intérêt général n’a pas vocation à désengorger les prisons.

Le TIG ne s’applique qu’à un nombre limité de condamnés et il est loin de s’adapter à tous les profils… c’est en fait une peine supplémentaire dans une palette de plus en plus large d’alternatives à l’incarcération.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 11/10/2011 | 19:24 | Lu: 7389 fois