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Lancement de l'opération «Un réflexe pour la greffe» en Ariège
10/11/2011 | 20:50
© MidiNews 2011

La greffe d’organes est une thérapeutique qui, chaque année, sauve ou prolonge la vie de plusieurs milliers de personnes en France.

Or en 2010, 15 613 personnes ont eu besoin d’une greffe mais seules 4 708 ont pu bénéficier d’un don d’organe.

En Midi-Pyrénées, 211 greffes ont été réalisées sur la même période alors que 615 patients étaient inscrits sur la liste nationale d’attente.

C’est une première régionale: après le grand Ouest, la région PACA, la Corse et le Languedoc Roussillon, c’est au tour de la région Midi-Pyrénées d’accueillir l’opération «Un réflexe pour la greffe»

Le centre hospitalier Ariège Couserans (CHAC) à Saint-Girons est le premier établissement de santé de l’Ariège à se faire l’écho de cette action de communication portée par l’agence de Biomédecine, destinée à l’ensemble du personnel hospitalier afin de sensibiliser chacun au prélèvement d’organes et à la greffe et à mobiliser au recensement des donneurs potentiels.

Ce jeudi, avait lieu le lancement de cette opération au CHAC en présence de Jean-Mathieu Defour, directeur de la structure et des cadres de santé de l’établissement, l’objectif étant de communiquer sur la greffe d’organes.

Pour le Dr Martine Chatelut, médecin du service de régulation de l’Agence de Biomédecine, «il est important de créer une dynamique pour augmenter les prélèvements en Midi-Pyrénées […]

Il y a déjà d’autres liens de partenariat entre le CHAC et le CHIVA, l’idée étant de renforcer les liens et de mutualiser les moyens pour être le plus efficace possible
»

Depuis la loi de bioéthique votée en 2004, tous les établissements de santé, qu’ils soient grands ou petits, publics ou privés, doivent s’intégrer dans des réseaux de prélèvement.

Face à la pénurie de greffons, il devient primordial de travailler en partenariat pour réaliser un recensement exhaustif de donneurs potentiels.

Comme l’a indiqué Nadine Clastre, responsable de la coordination hospitalière, des prélèvements au Centre Hospitalier Intercommunal du Val d’Ariège (CHIVA): «jusqu’à présent dans le département de l’Ariège, seul notre établissement est autorisé à réaliser des prélèvements dans des conditions bien précises:

Il faut que le donneur soit rentré dans un service d’urgences et qu’il soit diagnostiqué comme mort cérébral.

A ce moment là, selon les pathologies et les antécédents, il peut être recensé comme donneur potentiel d’organes.

Le plus difficile reste à faire, rencontrer les familles et leur demander si la personne était dans une démarche de don […] Un moment toujours difficile car la famille est dans la douleur
»

Il est vrai que le don d’organes touche la sphère du privé, on parle de la mort et c’est souvent un peu tabou.

Comment dédramatiser ce sujet: peut-être tout simplement prendre le temps d’y réfléchir et d’en parler de son vivant avec ses proches car comme l’indique Sylvie Cazalot, cadre infirmier à l’Agence de Biomédecine: «ce n’est pas parce qu’on fait un testament aujourd’hui qu’on meurt demain, de même ce n’est pas parce qu’on parle de dons d’organes aujourd’hui que l’on meurt demain»

Enfin le Pr Marcel Dahan, chirurgien thoracique au CHU de Toulouse, a apporté son expérience en matière de greffe pulmonaire: «nous transplantons les gens qui sont insuffisants respiratoires parce qu’ils ont des maladies liées au tabac, des bronchites chroniques ou des maladies congénitales.

Cependant les poumons, sont des organes fragiles, aussi depuis quelques années nous avons élargi les règles de prélèvements aux personnes plus âgées et aux prélèvements unilatéraux
»

Le professeur en participant à cette campagne entend sensibiliser les gens et contribuer au développement de la greffe d’organes.

Pour en savoir plus: http://www.agence-biomedecine.fr/agence/un-reflexe-pour-la-greffe.html.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 10/11/2011 | 20:50 | Lu: 7476 fois