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Journée mondiale du diabète: comment enrayer une épidémie mondiale?
14/11/2011 | 18:06
© MidiNews 2011

«C’est une maladie qui ne se voit pas et qui ne sent pas»

C’est à partir de ce constat que le diabétologue du CHIVA Serge Denat explique la difficulté à dépister le diabète, cette maladie chronique dont les chiffres ont pourtant de quoi faire frémir.

C’est d’ailleurs à l’occasion de la Journée Mondiale du diabète que des dépistages gratuits et anonymes ont eu lieu dans le hall d’entrée du CHIVA (Centre Hospitalier du Val d’Ariège).

7000 diabétiques en Ariège, 2,5 millions en France; et 40 000 cas découverts par an, «c’est pratiquement autant que pour le sida. Il ne faudrait pas parler d’épidémie mais de pandémie» résume Serge Denat, pour bien insister sur l’ampleur du phénomène.

Ces données sont d’ailleurs sans doute sous-évaluées, puisque l’on estime que près de la moitié des diabétiques ignorent qu’ils le sont.

Et avec une population vieillissante, l’Ariège est plutôt mauvaise élève en la matière au niveau régional.

Il y a deux types de diabètes explique le médecin.

Le diabète de «type 1» est celui «où le patient n’y est pour rien»; il survient lorsque le pancréas ne produit pas ou plus l’insuline indispensable à la survie. Son traitement repose sur l’injection quotidienne d’insuline. Il concerne 1/4 des malades.

Puis il y a le diabète de «type 2», qui touche les 3/4 des diabétiques. Celui-là est plus du à un mode de vie, à la malbouffe, à une société où l’on bouge de moins en moins, «il apparaît de plus en plus chez les adolescents, les jeunes en surpoids ou inactifs»

Les professionnels sont formels: l’augmentation des cas de diabètes (5,7% par an) est due en grande partie à l’obésité liée à la sédentarité, aux habitudes alimentaires actuelles, au développement du surpoids chez l’enfant et l’adolescent (1 enfant sur 6 est concerné!).

D’où l’enjeu de la prévention, qui selon le docteur Lawrence Bories (responsable du pôle d’activité clinique médical), aura une place centrale dans la médecine de demain, «on est très performants sur des pathologies aigues, mais il va falloir s’axer de plus en plus autour de la prévention pour arriver à réduire les coûts de la santé, même si les effets ne se font pas ressentir tout de suite»

De même, une fois la maladie détectée, l’enjeu est d’éviter les complications (qui coûtent cher au niveau humain, mais aussi en terme financier).

Et ces complications sont graves: la cécité, des amputations, des ennuis cardio-vasculaires comme les infarctus, etc.

Une nouvelle approche est donc en train de s’imposer, véritable cheval de bataille de Serge  Denat. Il s’agit de «l’éducation thérapeutique», qui «permet aux patients d’être plus autonomes et d’acquérir eux-mêmes des compétences pour améliorer leur qualité de vie»

Dans la même logique, la journée a aussi été l’occasion de présenter le programme «Sophia» mené par l’Assurance Maladie en Ariège depuis 2008.

Le but est d’améliorer la qualité de vie des patients et de renforcer la prévention des complications de la maladie grâce à un service personnalisé.

«L’Ariège fait partie des 10 départements pilotes en la matière» explique Richard Carrat (directeur de la CPAM en Ariège).

Pour sa part, le CHIVA mène une série de programmes (sur le diabète mais aussi sur d’autres sujets comme l’asthme ou l’éducation nutritionnelle) qui représentent un effort financier de 250 000 euros pour la structure.


Qu’est ce que le diabète?

Le diabète se traduit par une élévation anormale du taux de sucre dans le sang. Cette anomalie est due à une insuffisance ou une mauvaise utilisation de l’insuline.

Sans traitement approprié, cette maladie peut occasionner de graves complications: amputations (plus de la moitié des amputations des membres inférieurs concernent des diabétiques), la cécité, les complications cardiovasculaires comme les infarctus.
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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 14/11/2011 | 18:06 | Lu: 7523 fois