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Lutte contre la solitude: l'ACMAD réinvente l'accueil de jour en maison de retraite
29/11/2011 | 20:42
© MidiNews 2011

La solitude, «Grande cause nationale» 2011, frappe sans discernement en ville comme à la campagne.

Vieillir seul est une situation de plus en plus fréquente, quotidiennement constatée par les services sociaux, les associations et les professionnels.

Selon un récent sondage, 30 % des Français estiment ainsi souffrir de la solitude.

Le département de l’Ariège n’est pas épargné par le phénomène.

Directement concerné par ses compétences en matière de prise en charge de l’autonomie des personnes âgées et/ou en situation de handicap, l’accès au logement et à l’hébergement ou encore l’insertion, le Conseil général ouvre donc le débat afin de sensibiliser les Ariégeoises et les Ariégeois aux enjeux de la lutte contre la solitude.

Le mardi 6 décembre, un colloque réunira l’ensemble des structures engagées dans ce combat (lire encadré ci-dessous).

Services du Conseil général, de l’Etat, associations, animateurs sociaux, autant d’acteurs mobilisés au quotidien auprès des personnes isolées.

En Ariège, de nombreuses initiatives s’attachent à lutter contre la solitude.

C’est le cas par exemple du dispositif d’accueil de jour mis en œuvre depuis le début de l’année par l’Association couserannaise de maintien à domicile.

Basée à Saint-Girons, l’ACMAD dispose de 50 places, dont 7 délocalisées à La Bastide-de-Sérou, au sein de la maison de retraite Gustave-Pédoya.

Ces places sont mises à la disposition des personnes âgées de La Bastide et des communes alentours, et s’adressent soit à celles qui vivent seules, soit à celles dont les soutiens familiaux ou amicaux ne peuvent assurer l’accompagnement quotidien.

Agée de 88 ans, Gisèle vit à Durban-sur-Arize. L’alerte octogénaire réside à son domicile, non loin de ses filles.

Elle apprécie pourtant de venir chaque semaine passer une journée avec «ses amies» de Gustave-Pédoya.

«On parle, on fait des activités, on sort marcher […] Au moins, je ne se suis pas toute seule à la maison»

Le sourire aux lèvres, Gisèle se glisse dans son manteau: «et là, maintenant, on va toutes aller à La Poste et faire un tour au marché !»

Pour Marie-Paule Leveillé, Coordinatrice des accueils de jour de l’ACMAD, «cette possibilité d’accueillir les personnes âgées le temps d’une journée ou de quelques heures est d’un bénéfice indéniable pour celles qui souffrent de la solitude, qui ont perdu en autonomie.

Une aide importante aussi pour les proches de ces personnes âgées qui ont des difficultés à assumer un soutien quotidien, un accompagnement permanent parfois très éprouvant physiquement et psychologiquement
»

Financée pour partie par le Conseil général de l’Ariège, dans le cadre de l’APA (Allocation personnalisée à l’autonomie), cette initiative est le fruit d’un étroit partenariat entre l’association et la résidence Gustave-Pédoya.

Pour le Département, il s’agit-là d’une active implication des acteurs de terrain, incontournable dans la lutte contre la solitude.


Un constat, un colloque, des idées

Le Conseil général de l’Ariège ouvre donc le débat sur la solitude à l’occasion d’un colloque organisé le 6 décembre, à partir de 14 heures, aux Forges de Pyrène à Montgailhard.

Outre les retours d’expérience et la présentation de projets innovants portés dans le département, la projection du documentaire «A nous deux, quand deux générations cohabitent» sera proposé.

Le film se fonde sur le constat suivant: des vieux de plus en plus nombreux, de plus en plus seuls dans les grandes villes, croisent des jeunes dans l’incapacité financière de se loger.

C’est à ces deux problèmes de société que répond tout naturellement l’idée de la cohabitation intergénérationnelle.

Le principe: une personne âgée héberge un étudiant chez elle en contrepartie de sa compagnie ou de menus services, les rôles et engagements de chacun faisant l’objet d’un pacte de vie commune propre à chaque «couple»

Entre logement solidaire et mariage d’intérêts, comment jeunes et vieux, si évidemment à distance dans notre société, négocient-ils au quotidien une vie commune?

Le film suit plusieurs expériences de cohabitation et se construit sur la confrontation des points de vue de chaque personnage.

Des expériences qui ne manqueront pas d’alimenter les échanges avec l’assistance réunie aux Forges de Pyrène.
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publié le: 29/11/2011 | 20:42 | Lu: 7924 fois