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Insalubrité et marchands de sommeil: l'Ariège n'est pas épargnée
23/12/2011 | 20:29

Une salle de bain d’un autre âge, un système d’électricité inexistant, un plafond qui s’écroule...

Ce n’est qu’en 2010 que cette maison insalubre habitée par une personne âgée de 89 ans, veuve depuis vingt (et payant un loyer de 130€), a été découverte.

Après intervention de l’ensemble des partenaires, la personne a finalement pu être relogée.

C’est pour mener à bien ce type d’intervention qu’un «Pôle de Lutte contre l’habitat indigne» a été créé il y a un an, réunissant l’ensemble des institutionnels sous la houlette du sous-préfet de Saint-Girons, Jean-François Couret.

«C’est un sujet transversal qui fait intervenir un grand nombre d’acteurs» explique le préfet de l’Ariège Salvador Pérez.

En effet, derrière des problématiques liées à l’habitat, on retrouve la mairie, le Conseil Général, la CAF, les travailleurs sociaux, les soignants, aides à domicile, la gendarmerie, les associations, ou même les pompiers. Aujourd’hui, il y a 23 signataires de ce protocole.

Grâce à ce nouvel outil, le problème de l’habitat indigne est mieux pris en compte selon Jean-François Couret, «l’Ariège comptait 6 arrêtés d’insalubrité par an. En 2011, le département en a compté 26»

De même, 179 signalements ont été reçus. Et trois procédures à l’encontre de marchands de sommeil (dans 3 villes différentes) ont été déposées auprès du procureur de la république. Le phénomène ne concerne donc pas que les grandes villes.

En Ariège, les études engagées sur l’habitat montrent l’existence d’un habitat indigne aussi bien dans le milieu rural (où il affecte principalement des propriétaires occupants et concerne une forte proportion des résidences principales), qu’en milieu urbain (où il touche plus particulièrement les locataires).

Dans le parc privé, le taux de logements potentiellement indignes sur le département de l’Ariège est de 16%.


C’est bien plus que pour la région Midi-Pyrénées, et largement supérieur à la moyenne France entière (9%). Ce parc représente environ 10 000 logements dont 5600 logements occupés par leur propriétaires et 3400 logements locatifs privés.

L’objectif du Pôle est donc de définir une stratégie pour repérer les habitats non décents, identifier les territoires prioritaires, puis accompagner les occupants et les propriétaires.

Car il y a encore un certains nombre de freins. Certains locataires dans des situations de précarité craignent souvent que si des travaux sont faits, le loyer n’augmente.

Selon Salvador Pérez, préfet de l’Ariège, «il faut que ces gens sachent que la puissance publique est de leur côté»

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 23/12/2011 | 20:29 | Lu: 11595 fois